Ritual : quand la musique brésilienne passe en mode Soulfly !!

Ritual ? Fermez les yeux. Imaginez. Le Brésil, son soleil, ses plages de sable fin, sa musique langoureuse… Et Soulfly, qui débarque en hurlant ! 

Toujours plus haut, toujours plus fort ! Ainsi pourrait se résumer Ritual, le nouvel album de Soulfly. Les premières notes de l’album sont issues d’une musique tribale, genre musical que Max Cavalera, chef incontesté et incontestable du combo americano-brésilien, a toujours adoré. Quelques secondes plus tard, on entre directement dans le dur.

L’agressivité est de mise. La voix de Cavalera semble n’avoir jamais été aussi acérée. Le Monsieur a dû beaucoup souffrir pour crier si fort ! La basse ronflante de Mike Leon, nouveau venu au poste de « quatre cordeux », donne une impression de dureté jusque-là inexplorée par le groupe. Le refrain tribal de Ritual, renforce cette explosion d’agressivité. Un peu comme lorsque des lions sont mis en cage et qu’on les relâche au bout de quelques heures. Au fur et à mesure de la progression au sein de l’album, la violence semble de plus en plus décuplée.

Plusieurs genres musicaux comme le Nu metal, le Hardcore, ou le Trash, sont explorés, défouraillés, fracassés. Cavalera a même convié quelques copains à venir tout péter avec lui. Randy Blythe, hurleur en chef de Lamb Of God, montre son savoir faire pour Dead Behind The Eyes, pendant que Ross Dolan, chanteur du réjouissant Immolation, fait une démonstration de chant gutural dans Under Rapture. Avec ce morceau, Soulfly donne dans la violence à l’état pur. C’est peut-être là un des morceaux les plus brutaux que le groupe ait jamais composé. Droit au mur ! Une sorte d’Orange Mécanique musical qui fout presque les jetons !

Les cinq morceaux qui suivent recèlent de surprises. L’intro à la guitare acoustique de Demonized, du genre « Alexandre Lagoya, sa moustache, ses gammes, son œuvre », laisse plus que pantois. Heureusement le retour aux choses sérieuses se fait assez rapidement même si la brutalité semble avoir baissé d’un cran. Que dire ensuite de l’intro à la flute de pan de Blood On The Street. On en vient à se dire que la prochaine étape sera un hommage au trompettiste à moumoute, Georges Jouvin. Heureusement, la batterie de Zyon Cavalera, talentueux fiston du chef, nous emmène vers un rythme frôlant le thrash à l’ancienne. Elle accompagne même quelques chants tribaux en fin de titre.

Au sein de  cet opus, deux morceaux ressemblent  fortement à des hommages plus ou moins volontaires. Si Evil Empowered pourrait largement figurer dans un album de Slayer.  Feedback ressemble très étrangement à du Motörhead. Max Cavalera semble s’être transformé en Lemmy. Sa voix semble avoir pris du grain, Le jeu de batterie est très proche de celui de Mikkey D, la guitare sonne comme celle de Phil Campbell. C’est assez incroyable.

Enfin, la plus grosse surprise vient de ce véritable ovni qu’est Soulfly XI, ultime morceau de l’album. Comme à chaque fois, Soulfly termine son LP par un instrumental. Mais là… C’est très calme. Presque trop ! C’en est même carrément louche ! Il s’agit en fait d’une guitare hispanique, accompagnée de nappes de synthé, et d‘un saxo dégoulinant joué par Mark Damon qui officie d’habitude à la basse chez Pretty Reckless. Une sorte de jazz caricatural, digne d’une musique de film porno des années 80. Mais si, tu sais, celui où un gars habillé en salopette de travail bleue, doté d’un accent mi marseillais-mi belge, regarde une dame maquillée comme  une caravane volée, très réchauffée et peu habillée, et lui assène « Bonjour, je suis le plombier. Je vais vous dérouler ma grosse…  » Non mais je m’égare là !

Hormis cette faute de goût, Ritual est un album de haute qualité. Il ne reste plus maintenant à Cavalera et sa bande qu’à nous en faire la démonstration sur scène. Vivement !

Laurent Borde

Ritual, le nouvel album de Soulfly, chez Nuclear Blast Records  

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