Glastonbury 2000 : un grand et beau dimanche avec Bowie !!

L’an 2000 aura été marqué par deux faits : le big bug qui n’a jamais eu lieu et LE concert de Bowie à Glastonbury ! Un évènement !!!

Dans les années 90, David Bowie ne s’est produit sur aucune énorme scène, ni festival, à part un hommage à Freddy Mercury en 92. Le dimanche 25 juin 2000, l’Artiste décide de frapper fort en se produisant sur la mythique scène de Glastonbury. l

Sa dernière participation au plus grand festival du monde remonte à 1971, où il joua totalement stone, après avoir fumé quelques feuilles qui rendent idiot, accompagnées de champignons spéciaux pour calmer sa faim. Vingt-neuf ans plus tard, Bowie est sobre. Il monte sur la scène géante de Glastonbury tout timide.

Attifé d’une longue crinière blonde, une espèce de croisement capillaire improbable entre Polnareff et Patrick Juvet, et d’une veste, qu’il reconnaît lui-même comme assez hideuse, et comme seul  Mika pourrait en porter. Mais si Mika, ancien juré d’une émission de chanteurs de karaoké, ex chanteur de karaoké lui-même et pseudo acteur pour une pub de bagnoles. Bref, Bowie se la joue discret.

Malgré ça, il entame son show par Wild Is The Wind, morceau très difficile à chanter, voire même osé pour commencer. Il s’en dégage une émotion extraordinaire. Les frissons vous gagnent. C’est un KO d’entrée ! Bowie est là ! Et il le prouve en repassant un petit coup sur  sa carrière. De Life On Mars, en passant par Fame, morceau co-écrit par John Lennon, China Girl, co-écrit avec Iggy Pop, Absolute Beginners et Hallo Spaceboy, tout est passé à travers une moulinette dans laquelle sont mélangés les guitares électriques imparables d’Earl Slick et de Mark Plati, les claviers de l’inévitable Mike Garson, la batterie virulente de Sterling Campbell.

Mention spéciale pour la basse fabuleuse de Gail Ann Dorsey. Elle est slappée dans Ashes To Ashes, ronronne dans Golden Years, recouverte d’un envelope filter pour I’m Afraid Of Americans,  et est évidemment omniprésente dans Under Pressure. Ce morceau, Gail Ann Dorsey se l’approprie avec élégance. Sa voix, mélangée avec celle du Thin White Duke, est simplement sublime. Son jeu de basse n’a rien à envier aux meilleurs comme Calogero… non je déconne. Gail Ann Dorsey est une vraie déesse de la quatre cordes ! Elle qui ne voulait pas chanter avec Bowie, a été forcée par la star à l’accompagner sur ce morceau. Il ne lui aura fallu qu’une quinzaine de jours de répétitions intenses et une très grosse dose de stress pour rendre cette version presque meilleure que l’originale, interprétée avec Queen. 

Evidemment, au cours de ce show fabuleux sur la scène de Glastonbury, Bowie reprend deux de ses plus gros tubes. Let’s Dance et son début surprenant en générique d’émission télé à guitare hispanisante, et The Man Who Sold The World, chanson de 1970 remise au goût du jour lors de la session acoustique de Nirvana en 1993.  En moins de deux heures, la star réalise le show parfait. D’abord tendu, il se désinhibe lentement et va même jusqu’à plaisanter avec les 120 000 personnes présentes devant lui.

Dans les années 70, Bowie était un showman unique qui a inspiré bon nombre d’artistes, de T Rex à Marilyn Manson en passant par Placebo. En 2000, très assagi, délaissé professionnellement, l’Artiste reconquiert son public en moins de deux heures. Un concert unique et exceptionnel, réédité en entier pour la première fois. David is not dead and still alive. Bowie est immortel ! 

Laurent Borde

David Bowie, Glastonbury 2000, Parlophone 

One thought on “Glastonbury 2000 : un grand et beau dimanche avec Bowie !!

  1. Pour info, Bowie a joué dans des tonnes de gros festivals européens d’été durant les années 96-97 (Eurockéennes en 96, Lorelei, Rock à Paris, Phoenix etc…). Et aussi auparavant lors de sa tournée d’été 90 quelques années plus tôt.

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