La Bande Originale d’un Rock’ n’ Râleur : Mon Pote Bucolo

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Auteur et parolier, Francis Basset connaît la musique et au minimum toutes les chansons. Ses souvenirs, ses humeurs. Bonheur pur Collector !

Bucolo le Compositeur Fou :

Miss Maggy, Manhattan Kaboul, La Pêche à la Ligne, Boucan d’Enfer… c’est lui.

Je connais Buccolo depuis les grandes années révélatrices de Renaud : Le Retour de Gérard Lambert, Morgane de Toi, Mistral Gagnant. À l’époque, j’oeuvrais avec mon « frère  » Langolff, et avec Buck on était des mêmes troquets, des mêmes studios, des mêmes conneries. On avait Renaud en dénominateur commun, puisque Franck et Buck composaient pour lui. Quant à moi, il était fan de l’album de Langolff, Normal, où j’avais fait tous les textes. 

En passant, grâce à Renaud qui les adorait, je me suis fait une réputation à part dans le show-biz. Moi qui étais prêt à écrire pour les plus ringues et les plus soupards, lui et Franck m’ont concocté une image « rock ». Beaucoup moins sage que l’adage.

Donc Bucolo. Il était guitariste de Cabrel et n’avait encore rien composé. Exceptée une chanson sur son album Carte Postale, Je m’Ennuie de chez Moi. Et un jour, Cabrel décide de prendre une année sabbatique. Et là, comme il avait le vent en poupe, Buck  lorgne sur deux chanteurs qu’il pouvait accompagner : Souchon et Renaud. Alors il se rencarde pour savoir lequel est le plus sympa etc… Il entend dire que Renaud fait des auditions, chez Polydor rue Cavallotti à l’époque. Fallait amener son matos, guitare et ampli.

« À l’époque, j’habitais chez ma mère et je sortais beaucoup. J’avais joué au Bus Palladium la veille. J’étais tombé sur une dame qui me plaisait bien. J’étais rentré avec elle et j’avais fait ce qu’il fallait, sexuellement, à son domicile.

Je me réveille le lendemain à midi. Et le rendez vous rue Cavalloti était à midi et demi. Plus le temps de retourner chez ma mère rue Keller dans le 11 ème pour prendre mes guitares. Je suis parti au bluff comme ça, sans rien, même pas un médiator.

J’arrive rue Cavallotti, je vois tous mes potes guitaristes avec les amplis et tout le matos guitare, et là, truc de la vie, je rentre, y’avait deux portes. Y’avait gauche droite, je me souviens.

J’ouvre une des deux et je tombe directement sur Renaud. À l’époque, dans son genre, tout beau et tout tremblant déjà.  Il me dit : « Qui t’es toi ? » « Eh ben… Bucolo » « Ah oui, je t’ai vu à la guitare avec Cabrel. Je suppose que t’en joues bien. Il paraît que t’aimes la pêche et le cul ? » « Ouais » « Ok, il me dit, t’es engagé ! »

Je sors et je vois tous les autres qui étaient minés, qui avaient amené les amplis et tout, et Renaud leur dit : « Voilà, c’est lui que j’prends. Bucolo. » Tout ça grâce à la nana que j’avais embarquée la veille, et parce qu’il était trop tard pour aller rue Keller prendre mon matos chez ma mère.

Renaud connaissait tout de ce qui se passait dans le bizness et me dit : « Y’a une chanson que j’aime beaucoup c’est « Je m’ennuie de chez Moi » , sur un album de Cabrel. Là, j’ai des paroles d’avance, est-ce que tu veux essayer de mettre des musiques dessus ? » « Ben oui… » Et il me donne un texte qui s’appelait « Miss Maggy Fucking Blues » . C’était le vrai titre à l’origine. 

Donc, je fais une maquette chez un pote sur un Reevox à l’époque. Je la donne à Renaud, ça lui plaît, et du coup il m’en file deux autres : « Si t’es Mon Pote » , pas très connu, et « La Pêche à  la Ligne ». Qui figurera sur l’album « Mistral Gagnant » .

Là, je me suis mis un bras, comme on dit, le texte était tellement beau…! Et ça m’est venu très vite. Il a enregistré à Los Angeles. Il m’a fait venir pour faire deux trois guitares dessus. Et y’a eu des autres tubes, « Manhattan Kaboul », un Cabrel « La cabane du Pêcheur » .

C’est drôle,  j’ai fait « La Pêche à la Ligne » et « La cabane du Pêcheur »  et comme j’ai fait Hallyday après,  j’aurais dû faire : « Ah que J’aime les Goujons ! »

… La suite lundi prochain. C’est trop riche avec Buck. Et c’est surtout mon pote !

Miss Maggie-Rock'n'Râleur-Mon Pote Bucolo-ParisBazaar-Basset

Ma jalousie ne me brisera pas. Ni les noix, ni notre amour.

Bien sûr, plane toujours sur moi cette possibilité que tu tombes amoureuse d’un autre. Pas en coup de foudre, comme un infarctus, plutôt en longue maladie. Un amour d’un autre que moi qui te gagne insidieusement, presque à ton insu. Je dis cela presque parce que tu as une lucidité des sentiments. Ton romantisme amoureux ne va pas de pair avec le tourbillon irraisonné ou l’exaltation débordante.

Tu as l’honnêteté de me parler des hommes à qui tu trouves du charme, de l’élégance. Tu me parles de ceux qui te courtisent, dont un que tu trouves enrichissant à tous points de vue. Et ça me rend heureux « aussi », même si je ressens un petit pincement au coeur que je veux bien nommer jalousie. Mais c’est le prix d’être aimé de toi. Ce danger qui rôde que tu te donnes à un autre que moi me grandit et me met en alerte de saisir l’instant et d’en jouir intensément.  

Je suis dans l’état d’esprit de celui qu’un mal foudroyant peut emporter d’une minute à l’autre et qui vit intensément toutes les autres minutes, alors que la fatale menace. Ainsi je prends conscience de ce que tu me donnes et m’apportes, et je ne suis pas dans le « si j’avais su » si jamais ton amour pour moi opérait une « passation de pouvoirs ».

Je ne suis pas installé dans un toujours de ton amour. Je suis en bail précaire dans cette maison de bonheur que tu m’as ouverte, mais les fenêtres n’en sont que plus grandes, plus hautes, plus lumineuses. Et dans ce Merveilleux périssable, les planchers exsudent la sève de tous les bois dont on grave les coeurs, et les draps de notre lit ont les exhalaisons du linge séché au soleil d’un éternel été. Voilà pour le romantisme. 

Dans la réalité, si tu fantasmes sur un plus gros pénis que le mien, grand bien te fasse. C’est un sport érotico cérébral nécessaire à ton équilibre, tout comme les pleurs du bébé participent de son endormissement par fatigue, comme il ne peut pas encore faire de footing. Je te demande juste de ne pas me cacher l’information s’il te prenait l’envie d’en engloutir un. Pas un bébé, un gros pénis. 

Car, tout comme feu Michel Rocard, je pense que piper n’est pas tromper. Seuls les dés qui le sont, pipés, peuvent le faire.

 

Ceci n'est pas une pipe-Rock'n'Râleur-ParisBazaar-Basset

Les finitions après. Toujours.

Un jour de printemps, au jardin des Tuileries où je lisais au soleil, une nana d’une vingtaine d’années et d’une centaine de kilos, bouteille de Fanta à côté d’elle, se vernissait les ongles des pieds avec application en tirant un petit bout de langue. J’ai eu envie de lui dire : »Hé ma grande, perds d’abord 40 kilos et tu pinailleras les finitions après. Arrête les sodas et les saloperies McDo et ça va fondre tout seul. Et au temps pour moi si c’est glandulaire. »

Le gros oeuvre d’abord et après les détails. On n’accroche pas des tableaux dans une baraque en construction avec juste l’armature des murs et la structure du toit. Oui je sais. C’est pas bien, je stigmatise les gros. Euh…surtout McDo, la société de consommation et le manque d’éducation. Alimentaire surtout. Et n’oublions pas cette téloche de merde avec ses diktats et des émissions à la con où t’avales un paquet de chips et un sorbet d’un litre, à l’américaine.

Quoi de plus gerbant, à part en étant en convivialité bouffe ou en bonne compagnie au restau, que de voir quelqu’un lâché à bouffer dans la rue ou dans le train. L’autre qui déballe son kébab en face de toi qui ne demandais qu’à lire peinard dans les effluves SNCF de base. Ça pue l’équarrissage et la poubelle de restau abandonnée au soleil. Et il ouvre la bouche ce con. Surtout qu’on voie bien la bidoche se mélanger aux sauces diverses et avariées et le travail de la langue et des prémolaires. Pourquoi il ne sortirait pas sa bite dans la foulée ? Son noeud, l’autre pays du fromage. C’est la même impudeur, la même vulgarité. 

Le problème avec ces gens, comme ceux qui téléphonent dans votre périmètre immédiat, c’est qu’on est censé non seulement s’en satisfaire, mais en plus en jouir. Garde ta pauvre vie de cloporte pour toi, mon pote ! Et ta bouffe aussi ! J’ai pas envie de la voir tourner et retourner dans ta bouche comme du sable, des graviers et du ciment dans une bétonneuse !

Il paraît que dans l’au-delà, on ne se mélange pas. Ceux qui sont en haut peuvent descendre mais ceux qui sont en dessous ne peuvent pas monter…

Seigneur, faites que les téléphoneurs et les bouffeurs publics soient en dessous si moi je suis en haut !

Mets-y moi ! Fais pas l’con !!

Francis Basset

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