Le Cinéma de Richard : un Thriller grand comme Goliath

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Il a vu au minimum tous les films et il préside la Fédération Nationale des Cinémas Français. Avec Richard Patry, chaque mercredi, trois bonnes raisons d’aller au cinéma. Début de séance !

Les semaines se suivent sans forcément toutes se ressembler. Si la semaine dernière était foisonnante, cette semaine l’est un peu moins. Sans avoir boudé mon plaisir avec les autres, j’ai surtout retenu deux films qui pour être très différents ont en commun de m’avoir particulièrement emballé.

Goliath, tout d’abord. Le nouveau film de Frédéric Tellier. Après l’Affaire SK1 et Vaincre ou Périr, il nous propose ici un thriller on peut difficilement plus d’actualité qui voit se rencontrer et s’affronter un petit avocat, un lobbyiste aussi brillant qu’il est redoutable et dénué de scrupules, et une ouvrière par ailleurs activiste au sein d’un collectif anti-pesticides.

Frédéric Tellier qui est un cinéaste d’investigation brosse le portrait sans concession du monde qu’est le nôtre. Où l’on produit de plus en plus, certes pour nourrir les gens mais, paradoxe, pour jeter aussi beaucoup. Comme le film le dit, pour jeter un quart de la production. Lequel finit dans nos poubelles. Un monde où le lobby de l’agroalimentaire dicte sa loi et se soucie de l’impact des pesticides et des OGM sur notre santé  comme vous de votre première liquette.

L’activiste, c’est Emmanuelle Bercot. L’avocat, c’est Gilles Lellouche. Le lobbyiste, c’est Pierre Niney. Et Frédéric Tellier a écrit et filmé des face-à-face absolument époustouflants. Lellouche est exceptionnel. Niney qui le plus souvent est une belle gueule, plutôt du côté des gentils, est ici un vrai méchant, d’un cynisme hallucinant, un salaud parfait. Quant à Emmanuelle Bercot, elle est parfaite aussi dans le rôle de cette militante ulcérée de voir que ce système tue les paysans et tue la terre.

C’est du cinéma comme je l’aime. Où les acteurs, magistraux, sont filmés de près. Où l’histoire parle de nous. Où l’histoire est tout simplement la nôtre.

Et quand vous aurez vu Goliath, vous irez voir aussi Ma Nuit. C’est le premier film d’Antoinette Boulat qui, après avoir été directrice de casting, a bien fait d’oser passer de l’autre côté de la caméra.

Avec Ma Nuit, elle nous raconte l’histoire d’un soir, l’histoire d’une nuit. Celle d’une rencontre entre la jeune Marion, dont la vie depuis cinq ans a la couleur du deuil, et Alex que sa liberté comme sa soif de vivre sont un jour à sa nuit. Ce qu’ils vont se dire, s’apporter, se donner, ce sera à vous de le découvrir.

C’est un premier film et j’adore les premiers films. Pour les défauts qui sont les fruits de leur générosité. Pour les lames de rasoir auxquelles ils nous offrent de nous frotter et de nous meurtrir. C’est souvent ça un premier film. Plein de maladresses mais généreux, entier, et tranchant.

Antoinette Boulat aime les acteurs. Elle filme les jeunes Lou Lampros et Tom Mercier au plus près. De la même façon qu’elle filme Paris la nuit, au point d’en faire un personnage à part entière. Elle raconte aussi très bien cet entre-deux rives où nous nous trouvons à l’heure du deuil. Je ne la connais pas bien mais je sens qu’elle a encore beaucoup à nous dire. J’ai aimé !

Maintenant à vous d’aller voir. À mercredi. D’ici là, bonnes séances et… Vive le Cinéma !

Richard Patry

« Le Cinéma de Richard », une exclusivité Paris Bazaar à retrouver chaque mercredi. Le reste du temps, c’est ici !

 

 

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