Le Rock’n’Râleur vous livre ses anecdotes que lui inspirent des célèbres Gimmicks Rock qui demeurent dans son cœur et dans son froc. Aujourd’hui, Let’s Dance de David Bowie !
Quand j’entends le gimmick d’intro de Let’s Dance de David Bowie, je pense qu’à chaque fois que j’ai entrepris de danser je me suis senti con. Voire honteux.
Passer d’une attitude normale à l’état de danseur sur une piste en boîte m’a toujours semblé ridicule quand on n’est pas Travolta. Me retrouver parmi des mecs et des nanas qui se trémoussent sur une musique m’amenait toujours de grands moments de gêne.
Je tentais des trucs avec les bras, j’esquissais des figures avec mes panards du 45, mais tout me semblait naze. Au milieu de la piste à bouger comme un con, je me sentais observé comme si j’étais en slip kangourou avec une couille qui dépasse de la poche.
Pourtant, ma mère me disait toujours que je ressemblais à un de ses deux frères polonais comme elle, Edmond, surnommé « Tango Bleu » qui, lui, adorait danser.
De caractère foutraque comme lui, peut être que je lui ressemblais mais pas pour son amour de la danse et du tango en particulier. Sa femme était partie pour d’autres que lui, le laissant seul avec un poumon silicosé et sa petite fille.
Je lui ressemblais sûrement par son insouciance, sa propension à galérer et à se faire doubler. D’où cette pulsion inconsciente chez moi d’attendre le danger qui vient des « autres », des « mieux que moi ». Je ressemble à Edmond « Tango Bleu ». Ok. Let’s Dance, mon Tonton.
C’est vraiment des mineurs, ces Polonais. Faut toujours qu’ils descendent et qu’ils creusent. Qu’ils descendent jusqu’à se mettre minable, et qu’ils creusent alors qu’il n’y a rien à trouver. Et aussi qu’ils mélancolisent et noircissent tout en anthracite.
Bref, Let’ s Dance. Qu’on pourrait traduire aussi par « laisse pisser le mérinos« .
Ce Let’s Dance me fait penser aussi à Laissez-Nous Twister. Un des premiers tubes de Johnny. « Bien sûr, y’a les guerres, la famine, la menace nucléaire, mais laissez-nous twister, merde ! Vous voyez bien que ça sauve le monde, bande d’enculés ! » Euh non. À l’époque, c’était pas comme ça. Maintenant, oui.
Y’a aussi Let’s Dance… avec les loups qui me vient à l’esprit avec ce hit de Bowie. Quand c’est sorti, je me suis dit : « Enfin un film qui réhabilite les Indiens et les loups, les deux « méchants », dans la mémoire collective. »
Je veux bien danser avec les loups. J’aurai l’air moins con que sur une piste de discothèque avec les commerciaux à cravates tricotées, et les débouleuses aux lèvres refaites qui n’ont jamais très bien su ce que le silicone valait. Oui je sais…
Bref, et vous l’aurez compris, ce Let’s Dance m’évoque beaucoup de choses quand le gimmick surgit dans mon oreille. Mais ne me donne pas envie de danser. Ni de taper du pied ou battre la mesure.
Je ne pense pas non plus aux slows de ma jeunesse qui permettaient d’emballer parce que le rythme est cru, incisif, et peu propice au corps à corps sensuel.
Toujours est-il que j’adore ce titre. Il est synonyme d’énergie, de vie, de déglingue positive. Et les quatre accords du gimmick sont une trouvaille.
Chapeau bas, compositeur. Ou arrangeur. En tout cas, bravo !
Francis Basset
Lire le Gimmick Rock du Rock’n’Râleur, c’est bien.
L’écouter, c’est très bien aussi… En plus, il y a la guitare !

