Le Gimmick Rock du Rock’n’Râleur : « Long Train Running »

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Le Rock’n’Râleur vous livre ses anecdotes que lui inspirent des célèbres Gimmicks Rock qui demeurent dans son cœur et dans son froc. Aujourd’hui, Long Train Running des Doobie Brothers!

 

Ce gimmick sur deux accords du titre Long Train Running des Doobie Brothers est lié à une femme qui tenait un genre de supérette en bas de chez moi. Elle vivait seule, je n’ai jamais vu un homme l’épauler ou ne serait-ce que passer. J’aimais bien qu’elle n’ait pas de mec.

J’aimais son courage et sa force de caractère de résister à ne pas se maquer, de prendre ce qui passe « pour ne pas être seule » . Argument invoqué par tant de gentilles et jolies filles qui se bousillent comme ça, avec un tocard à domicile qui mastique bouche ouverte et pète sous la couette en regardant son match sur la télé au bout du lit. Et qui s’endort au moment de passer à l’établi.

Même pas « bonne nuit mon amour » avec un baiser chaste. En général, il ronfle et couvre le rap festif des jeunes du dessus.

Ô, combien de princesses sont restées insatisfaites à cause de ce genre de loustic ! Mais bon. On est là sur Paris Bazaar.

Elle était mince, mon épicière. Avec de grands yeux bleus-mauves qui paniquaient quand mon regard les fouillaient hors politesse commerçante-client. Son teint était un peu couperosé, et je tentais des trucs parfois qui la faisaient rougir, ce qui n’arrangeait rien. Mais j’avais décidé qu’elle était belle.

C’est fou le cerveau humain… capable de raisonnement par l’absurde en mathématiques et de décider qu’une épicière renvoie les stars hollywoodiennes au rang d’housewives négligées. Peut-être parce que la moelle est pinière. On annule la blague.

Avec elle, j’extrapolais dans le romanesque. Je me disais que, parmi ses liquides vaisselle et ses boîtes de cassoulet, elle attendait la perle des mecs. C’est à dire moi.

Entre deux Long Train Running sur ma guitare folk Yamaha, je n’arrêtais pas de faire des allées et venues entre son magasin et mon appart.

Ma nana se demandait pourquoi je me precipitais pour aller chercher du gros sel ou une boîte de sardines, et pourquoi je trouvais toujours qu’il manquait quelque chose. Eau de javel, éponge, cumin. Produits dont je n’avais strictement rien à foutre en temps normal. C’est-à-dire sans l’épicière fatale.

J’arrivais, elle me saluait timidement. « Bonjour« . Puis, je passais commande.

« Et avec ceci ? » , elle me demandait. Je cherchais un encouragement dans ses inflexions. Ses banalités de commerçante me plaisaient. Je les prenais comme une dédicace personnelle. « Ce sera tout ?  »

Et je revenais encore et encore pour entendre ces mots-là. Que je traduisais. « Bonjour » devenait  » Je t’attendais si fort » , « Et avec ceci ? » devenait « Chaque seconde, tu me manques » , et « Ce sera tout ? » « Je veux ta bouche et ton sexe en moi » .

On a les mots d’amour qu’on peut.

Si elle avait fini par craquer sur moi, peut-être qu’on se serait mis en couple. J’aurais fini épicemard- guitariste. Épicerie- caf’ conc’ c’est un concept. Je sais pas si ça a déjà été. Fromager-bijoutier, ça non, je suis sûr. « Vous me mettrez une chevalière en or et un Saint Nectaire, s’il vous plaît. »

Toujours est-il que j’aurais sûrement joué Long Train Running dans le bouclard de la belle épiciere couperosée… « Vous me mettrez une coupe… et un rosé. »

Francis Basset

Lire le Gimmick Rock du Rock’n’Râleur, c’est bien.

L’écouter, c’est très bien aussi… En plus, il y a la guitare !

 

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