Le Gimmick Rock du Rock’n’Râleur : « The Last Time »

Le-Gimmick-Rock-du-Rock_n_Râleur-The-Last-Time-Rolling-Stones-Ouv-ParisBazaar-Basset

Le Rock’n’Râleur vous livre ses anecdotes que lui inspirent des célèbres Gimmicks Rock qui demeurent dans son cœur et dans son froc. Aujourd’hui, The Last Time des Rolling Stones !

 

Ce gimmick de The last Time, la dernière fois, des Rolling Stones me ramène à mon adolescence où, quand j’allais me coucher après une journée ou une soirée où j’avais fait le con, je me disais: « C’est la dernière fois. Terminé, maintenant je ne fais plus le guignol pour les autres. C’est la dernière fois que je fais le clown parce que ça ne marche pas auprès des nanas. Elles préfèrent les mecs sérieux. »

Parce que je voyais les mecs de mon âge avec des nanas, les séduisant par des attitudes responsables, les tenant par le cou avec des gestes d’appartenance. Et moi en face, je faisais le con, me minimisant, me déglinguant. Sciant la branche sur laquelle j’étais assis…

Et plus je me dévalorisais, plus ils riaient, ces cons, supérieurs, confortant leur position auprès de leurs conquêtes. « Quel con ce Basset ! T’as vu un peu ! »

Ils partaient, et je restais seul devant les bouteilles vides et les cendriers pleins. Et je m’en voulais, je me jurais de changer ça. Je me disais c’est la dernière fois. The Last Time.

Et quand j’allais me coucher, je me disais : « C’est la dernière fois où je fais le con comme ça. Demain, je vais être sérieux comme eux. Et là, les nanas vont m’avoir en considération. »

Maintenant, on dit que tant que tu fais rire une nana c’est gagné, même si t’es moche… Mais à l’époque de mon adolescence, c’était pas comme ça. 

Mais le naturel revenait au galop. Je faisais le con. Fallait que je fasse mon intéressant. Dans tous les sens du terme. Et ça a perduré longtemps comme ça, cette impression que je n’étais bon, que je n’avais toujours été bon que pour l’entertainment, l’attraction, le divertissement. Que les femmes avaient toujours mieux à faire que moi dans leur vie. Avec des hommes et des événements beaucoup plus importants que ce qui pouvait me concerner.

Je ne veux pas vous faire pitié non plus, je ne regrette pas. Je les ai revus ces mecs-là. Ils étaient devenus pharmaciens, directeurs de supermarchés… J’ai rien contre, attention.

C’était mon karma et je l’ai accepté. Comme j’ai accepté avec bonheur ma taille avantageuse, mes gros bras et mon « extraction modeste » .  Jusqu’au jour où Une m’a trouvé toutes les qualités du monde. Physiques et morales. De son monde à elle. Son monde de sincérité et d’humilité. Son monde de confiance et de partage. Son monde où l’hypocrisie et l’animosité n’avaient pas leur place. 

Et désormais, dans mon âge avancé, « l’âge de monsieur est avancé » disait Pierre Etaix, j’ai pu retrouver mon idéal romantique, m’évader de ce monde piégé comme un champ de mines et réaliste comme un test de grossesse. Et retrouver ma princesse, en apesanteur des êtres et des choses pour devenir moi-même avant de mourir. Une dernière fois.

C’est pas de moi, c’est de Céline : « C’est peut-être être ça qu’on recherche dans la vie, le plus grand chagrin possible avant de mourir. » 

The Last Time

Francis Basset

Lire le Gimmick Rock du Rock’n’Râleur, c’est bien.

L’écouter, c’est très bien aussi… En plus, il y a la guitare !

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

VOUS AIMEZ ? REJOIGNEZ-NOUS ET ABONNEZ-VOUS !

DÉCOUVREZ MAINTENANT