Les Négresses Vertes : c’est pas la Mer à Boire, juste du Bonheur en Barre !

NEGRESSES VERTES - Paris Bazaar

Les Négresses Vertes se rappellent à nos bons souvenirs avec une anthologie qui retrace les belles heures de leur légende. Les Alter Héros ne meurent jamais.

«Ils sont l’événement français le plus important depuis la 2cv ! » Cette phrase, écrite dans le New Musical Express, magazine musical de référence Outre-Manche, permit aux Négresses Vertes de véritablement exploser au pays de Shakespeare et de David Beckham à la fin des années 80.

Sortie tout droit du 19ème arrondissement de Paris, la tribu, dont le nombre varie au fil des rencontres, s’arsouille, fait la fête et joue de la musique. Menés par Helno, ex- choriste des Béruriers Noirs, un grand échalas à la dentition bizarre, sorte de Shane Mc Gowan français, les Négresses enregistrent Mlah, un premier album au succès immédiat dans nos contrées. Puis vient le génial Famille Nombreuse en 1991. Un second album qui sera le dernier de la formation originelle, Helno ayant eu le très mauvais goût de commettre une sorte d’acte d’ « auto-crime », tant décrié dans Hey Maria, en compagnie d’une salope nommée héroïne. 

Musicalement, le mélange est vaste. C’est une sorte de world music avant l’heure. Plusieurs genres se rejoignent : oriental avec l’inégalable Zobi la Mouche, hispanique avec C’ est Pas la Mer À Boire ou reggae avec Belle De Nuit. Oui oui, comme Kendji Girac. Sauf que là, c’est de la vraie musique ! Pas un truc insipide, rempli de bons sentiments dégoulinants, et musicalement à vomir. Côté paroles, malgré un air très festif comme pour Sous Le Soleil De Bodega, un côté sombre se dégage également. Orane, morceau très noir, en est certainement le plus bel exemple.       

L’année 1989 voit aussi la consécration des Négresses Vertes. Fer de lance du renouveau du rock français, avec La Mano Negra, ils tournent un peu partout. En mars 89, ils  jouent chez les anglais. À Manchester plus précisément. Helno et sa bande explosent tout. Devant une foule qui ne comprend probablement rien à ce que chantent ces gars et filles survoltés, venus de Belleville et Ménilmuche, les sept interprètent onze des douze titres de Mlah. Mention spéciale à l’intro de Voilà L’Eté, ou Helno dans un anglais plus qu’approximatif, s’adresse rapidement au public. Les trois démos présentes sur ce double album montrent que leurs morceaux n’ont pas été trop remaniés. C’est du brut de décoffrage ça, M’sieurs Dames ! Tout le contraire de n’importe quel morceau de Christophe Mahé qui, même remixé et retravaillé, fait toujours autant saigner les oreilles… arrgh, on va encore dire que je m’énerve.   

En conclusion, c’était donc mieux avant ? Pas forcément. C’est simplement qu’à part La Mano Negra, Noir Désir, les VRP, et dans une moindre mesure Jad Wio, en seulement deux albums, peu de groupes ont réussi, comme les Négresses Vertes, à marquer au fer rouge l’Histoire de la musique, avec un grand H. Et parce qu’un bonheur n’arrive jamais seul, le groupe s’est reformé depuis 2016.

Même si Helno n’est plus là et manque cruellement, il est bon de les revoir et de les écouter. La qualité ma bonne dame ! La qualité !!

Laurent Borde

Les Négresses Vertes, C’est Pas la Mer À Boire 1987-1993, 3 CD + 1 DVD + 1 livre, existe aussi en version 2 CD, chez Because Music. 

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