Lettre Infinie : M comme on l’aime, M comme Magnifique !

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Matthieu Chedid nous écrit et nous revient avec Lettre Infinie, son sixième album studio. Treize titres pour danser et se laisser entraîner. Nous, on M !

Dès Lettre Infinie, le premier titre, on reconnaît directement la « touche » M. Une voix haut perchée, des jeux de mots calibrés, une soul sirupeuse sur laquelle des déhanchements suggestifs peuvent se produire à tout moment.

Viennent ensuite les choses sérieuses,  avec le single disco funk années 70-80 intitulé Superchérie. Morceau qui sonne comme une sorte d’hommage au batteur à moustache Cerrone tant il semble être inspiré de Supernature. Tube co-écrit avec Thomas Bangalter, représentant de casques chez Kawasaki plus connu comme moitié du duo Daft Punk. Une sorte de sex song à la fois actuelle et désuète, tout en étant musicalement solide.

Bangalter n’en est d’ailleurs pas resté là puisqu’il a aussi bossé sur L’Autre Paradis, morceau planant rempli de nappes de synthé, dédié à son ami Raphaël Hamburger, fils de France Gall et Michel Berger.

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Cet album est rempli de bidouillages électroniques en tous genres. Logique Est Ton Echo en est certainement le plus bel exemple. Chanson écologique qui nous rappelle que nous sommes en train de véritablement bousiller la planète (thème décidément très à la mode en ce moment). Musicalement, c’est une sorte de techno indéfinissable, très axée danse de musique de d’jeunes. 

M semble dans un autre monde. Sa musique se conjugue au passé et au futur. Grand Petit Con rappelle à tous points de vue l’extraordinaire Machistador. En serait-ce une sorte de suite ? Quoi qu’il en soit, ça sent le carton assuré. On se dit que l’Artiste possède vraiment une sorte de schizophrénie, une sorte de double qui n’est pas qu’artistique.

À en croire Thérapie, chanson qui dénote par son positivisme, Massaï, hommage au peuple du même nom avec en arrière pensée la modernité et ses difficultés, ou L’Alchimiste et ses gimmicks franchement Zeppeliniens, son rythme assez lourd, avec un refrain rappelant les Beatles, une sorte de mélange réussi entre plusieurs époques, tout ça accompagné de paroles faisant sourire. Un peu comme lorsque Sinclair chantait. Arrgh…, non je n’arriverai pas à être sympa avec Sinclair.

Bref, ici, la qualité est de mise. Les chœurs, omniprésents et chantés par Billie Chedid, la fille du chanteur, sont de haute volée. A l’écoute, on se dit que la choriste doit avoir au moins trente piges de carrière… Oui mais non, vu que son père a 47 piges, ce serait plus qu’un record… 

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Il n’y a pas que de la dance sur ce disque. Il y a de la tendresse aussi. Une Seule Corde ou Adieu Mon Amour, chacune dans leur style, si différents soient-ils, sont deux superbes morceaux, même si, dans la dernière citée, le vocoder est un peu trop omniprésent. L’album se termine par Billie, morceau en hommage à sa fille, véritable déclaration d’amour qui raconte leur relation « divorcée », une semaine sur deux et dans laquelle elle intervient brillamment.

Avec ce nouvel album, M revient très fort. Certes, il reprend les bonnes vieilles méthodes grâce auxquelles il a cartonné, certes il continue à murmurer, chanter très haut… mais ce mec a du talent ! Il écrit tellement bien. Musicalement, il ne se renouvelle pas follement mais il est un fin connaisseur, un technicien tacticien.

Cet album permet d’ailleurs de revisiter ses influences et ses univers. Ils sont sans doute plusieurs dans sa tête mais l’Artiste lui est là ! Seul, unique, et tellement talentueux. Déjà lesté de 13 Victoires de la Musique, cet opus devrait lui permettre d’exploser les scores lors de la prochaine édition, en 2020. Normalement.

Laurent Borde

M / Lettre Infinie / Wagram Music – 3ème Bureau

       

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