Lovin Spoonful, Jean Leloup, Love From LA… Airs de Printemps

Airs de Printemps-Lovin Spoonful-ParisBazaar-Borde

Même sans se presser, le printemps est arrivé. Et avec lui, nous sont revenues des envies de chansons légères et débridées. Playlist et plaisirs de saison !

Plus que quelques heures avant de respirer un peu plus et de nous enfermer un peu moins. Autre bonne nouvelle, le printemps a fait son retour même s’il semble rester encore sur le pas de la porte. En d’autres temps que le nôtre, la belle saison a su inspirer à certains des airs de circonstance qu’on se plaît à fredonner avec joie aujourd’hui encore.

Au printemps, tout est vachement bien. C’est du moins ce que nous fait croire Jean Leloup en mai 1989, quand il chante Printemps Eté. Le morceau, sorti sur l’album Menteur, est un pur bonheur, un pur moment de folie aussi.

Airs de Printemps-Jean Leloup-Menteur-ParisBazaar-Borde

Le Québécois, habitué à l’époque à toutes sortes d’excès, bien barré à la base, commence sa chanson avec un simple cri : « Isabelle, J’te Déteste ! ». Qui est donc cette femme que le chanteur semble adorer ?… On ne sait pas et on ne le saura pas. Et on s’en fout en fait !  Le morceau se poursuit ensuite avec un rythme jazzy sur lequel Jean Leloup s’amuse.

Il n’y a qu’à regarder le clip tourné à l’époque pour se rendre compte que l’artiste ne se prend surtout pas au sérieux. Et ça se ressent jusque dans les paroles quand il dit que « Les femmes arrosent leurs bacs à fleurs/Et tout resplendit de bonheur/Et elles sont là à lézarder/Devant la maison à l’entrée/Les filles qui sont déshabillées… » Il évoque un peu plus tard sa « Cocotte » à qui il demande d’ôter « sa petite culotte ».

Des paroles pourtant simples, drôles et naïves, qui aujourd’hui, pourraient révolter des groupes de bien-pensance au bulbe intellectuel plus que réduit et fortement coincés du boule. Ce titre donne envie de bouger, de s’amuser, de picoler, et de faire la fête.

Il est si parfait que Jean Leloup le reprendra un an plus tard, dans L’Amour Est Sans Pitié, son second album sorti en 1990 et sur lequel figure justement… 1990, le tube parodique et génial de danse de musique de jeunes, censuré lors de la Guerre du Golfe dans de nombreux pays, dont chez nous, sur certaines radios.

Après une partie de carrière mouvementée, après avoir chanté sous son vrai nom, Jean Leclerc, pendant deux ans au début des années 2000, il a repris son pseudo de Jean Leloup, et continue de tourner, essentiellement au Canada, où il est, à juste titre, une sorte de légende vivante. Jean Leloup n’est pas un grand, c’est un géant. 

Dans un autre genre, le morceau Daydream de Lovin’ Spoonful fait aussi beaucoup de bien. Sorti en 1966 sur l’album Daydream, écrit par John Sebastian, le chanteur du groupe qui voulait réécrire le morceau Baby Love des Supremes. Il n’a pas réussi et c’est tant mieux.

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Daydream est d’une simplicité folle. La chanson décrit simplement la journée idéale du branleur. Mais pas n’importe quel branleur ! Non, ici c’est du haut de gamme avec psychotropes intégrés ! Rêvée ou réelle, cette journée à rien foutre est simplement belle, vraiment idéale, surtout lorsque le chanteur évoque l’envie de se laisser tomber dans l’herbe fraîchement tondue, en plein soleil. 

Preuve que c’est un chef d’œuvre, la chanson avec harmonica, guitare sèche et sifflement intégré, qui donne envie de profiter à mort des beaux jours du printemps, aurait fortement inspiré Paul McCartney pour composer Good Day Sunshine, sorti sur Revolver la même année. Il paraît même que John Lennon en était fan et qu’il l’avait mise dans son jukebox.

Le morceau fut un carton lors de sa sortie dans de nombreux pays comme le Canada, la Nouvelle-Zélande, les États-Unis et même la Suède… Chez nous, ben… Euh… Sheila l’a repris en français sous le titre Le Rêve sur son album L’heure De La Sortie – Bang Bang. Les plus courageux et résistants iront écouter. Les autres, vous avez sans doute mieux à faire… 

Pendant ce temps, chez nous, en ce moment, quelques jours avant le printemps, Love From L-A a décidé de rendre hommage à Daft Punk. Love From L-A n’est pas franchement un perdreau de l’année en matière de musique. Son vrai nom n’est autre que Louis-Alexis de Gemini. Connu pour être le patron de Deezer France, il est un homme fascinant, qui a eu mille vies.

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Pour faire court, il a été éditeur du magazine Entrevue, il a créé et dirigé M6 Music, dirigé les variétés et divertissements de M6 pendant plusieurs années où il a notamment lancé Loft Story. Il a aussi produit de nombreuses émissions comme Pékin Express ou la série Mafiosa. Il a également travaillé pour la télé chinoise et brésilienne avant de se rendre à Tchernobyl où il a réalisé un documentaire sur la catastrophe de la centrale radioactive et de la ville toute proche de Pripyat.

Comme si tout cela ne suffisait pas, il est un artiste touche à tout. L.A. peint, écrit, et compose. Qu’il soit à son travail ou dans sa maison située en proche banlieue parisienne, il n’arrête jamais ! Fan de funk, de soul, de new jack et de musique électronique, il a tenu à rendre hommage aux deux représentants casqués de chez Honda. À une différence près, lui n’a rien pompé, il a créé. Et ça se ressent.

La musique est par moments, assez planante. Limite envoûtante avec un passage presque new age coincé au beau milieu d’un tempo à la fois dance et hypnotique. Tout cela illustré par un clip à la fois superbe et simple, qui nous emmène dans l’univers musical de l’artiste.

On peut, évidemment, ne pas aimer Daft Punk. On peut ne pas aimer non plus la musique de danse de jeunes. Oui, on peut… En revanche, on peut aimer les gens, les passionnés, qui créent vraiment. Louis-Alexis de Gemini est de ceux-là. Et rien que pour ça, on lui dit bravo ! 

On aurait encore pu parler de plein de chansons sur le printemps comme Beautiful Day de U2, Waiting For The Sun des Doors, Spring Is Here de Frank Sinatra, C’est Le Printemps de Léo Ferré, I Am The Spring de Morcheeba, ou encore You Can Never Hold Back Spring de Tom Waits… Mais on n’a pas eu la place.

On aurait aussi pu parler de Le Printemps de Michel Fugain, Viens À La Maison Y’A Le Printemps Qui Chante de Claude François, Printemps de Cœur de Pirate, Happy de Pharrell Williams, Spring Affair de Donna Summer, ou encore Come In With The Rain de Taylor Swift… Oui, mais là… non.  

Laurent Borde

 

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