Pépite de Cinéma : Memento, de Chris Nolan

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Capitale mondiale de la cinéphilie, Paris affiche au quotidien plus de 500 films en salles*. Chaque semaine, Paris Bazaar vous déniche une pépite, à aller voir… les yeux fermés. Aujourd’hui, MEMENTO, de Christopher Nolan.

Memento, c’est une quête. Une traque même, voire un puzzle. Ou un labyrinthe.

Accessoirement, c’est une histoire à l’envers. 

Quoi ?! J’imagine déjà vos yeux ronds : « Bordel, c’est compliqué, non ? »

Certes, ce n’est pas « Oui-Oui », je vous l’accorde. 

Mais sur le papier, c’est plutôt banal : quoi de plus vu et revu, à priori, que l’histoire d’un type, lancé sur les traces du meurtrier de sa femme ?

A ceci près que ce type est amnésique. Mieux, il souffre d’une forme rare d’amnésie, qualifiée d’antérograde. Autrement dit, s’il a encore une idée de son passé lointain, il est incapable de retenir de nouveaux souvenirs. Il oublie constamment ce qu’il a fait un quart d’heure plus tôt, où il se trouve, où il va… et pourquoi.  

Handicapant, non, pour traquer l’assassin ? 

Et même si le héros multiplie les notes, les photos, les tatouages pour garder les faits en tête, il n’est jamais sûr. Jamais sûr d’avoir bien vu, d’avoir face à lui un ami, un salaud, une ex aimante, une manipulatrice… Tout se dérobe sans cesse. 

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C’est là que Memento devient captivant, haletant, vertigineux.

Christopher Nolan, tout jeune encore, y déploie une maîtrise à scotcher les spectateurs le plus blasés, les plus retors. Signant à la fois un thriller implacable, impeccable… et une réflexion brillante sur la mémoire.

Sans oublier une saisissante galerie de portraits, où l’ambiguïté est permanente, servie par un casting magistral : Guy Pearce (LA Confidential), Carrie-Anne Moss (Matrix) et Joe Pantoliano (l’Empire du Soleil). 

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On comprend mieux, rétrospectivement, pourquoi le film a propulsé Nolan au sommet. A la tête de projets aussi dantesques que singuliers : The Dark Knight, Inception, Interstellar

Le cinéaste étant l’un des rares auxquels l’industrie confie sans sourciller des budgets de blockbusters pour signer des films intelligents, voire casse-gueule.  

Ah, j’allais oublier : Memento signifie en latin « souviens-toi » **

Je ne vois guère mieux pour vous y inviter… Car Memento ne s’oublie pas.

Olivier Ghis 

 

OÙ ? 

Christine 21 

4, rue Christine, 75006 Paris

Métro – Odéon 

QUAND ?

Mercredi 10/04

21h30 

Jeudi 11/04

21h00 

QUOI ?

Memento – 2000 – USA

1h54
De Christopher Nolan.
Avec Guy Pearce, Carrie-Anne Moss, Joe Pantoliano.

* Où que l’on soit dans Paris, la distance à pied d’une salle est au plus de 15 minutes. 27 millions de spectateurs vont ainsi chaque année au cinéma à Paris.

Comme le disait avec une tendre ironie Jacques Demy : « Ils se pressent pour être dans le noir, au chaud, entre un mec qui vous fait du genou et une nana qui enlève le sien, devant un con qui parle trop fort… ou derrière un génie aux cheveux ébouriffés qui vous empêche de lire les sous-titres ». 

**Le mot étant tiré lui-même de l’expression latine memento mori : « souviens-toi que tu vas mourir ». Un rappel à la modestie, scandé, dans la Rome antique, sur le parcours des généraux revenant victorieux des confins de l’Empire. Manière assez ironique, s’il en est, de leur rappeler que leur triomphe ne devait pas leur monter à la tête.

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