Permettez que je vous écrive… Grand Corps Malade

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Elle aime, Hélène. Elle aime aimer et prendre le temps de l’écrire. À l’encre de ses émotions, au fil de ses rencontres, ses lettres s’affranchissent de toutes les barrières. Comme seuls les mots savent le faire quand ils viennent du coeur.

« Permettez que vous écrive, Monsieur Grand Corps Malade,

Volontairement, tout au long de cette lettre, je ne vous appellerai ni par votre prénom, ni par votre nom. Non pas qu’il me serait désagréable de le faire, mais je veux respecter votre toute première décision. C’était il y a de cela plusieurs années.

L’ancien studio 109 de la Maison de la Radio se souvient encore de vos premiers mots devant un micro à l’époque où, pour savourer votre slam, il fallait se glisser tard le soir entre les tables d’un petit café de Saint-Denis.

Il était encore tôt pour l’artiste que vous alliez devenir. Il n’était même pas Midi 20.

C’est en ces lieux que j’ai entendu la première fois votre voix grave et si claire à la fois. Et que j’ai découvert vos mots slamés, posément, pour ne pas heurter mais plutôt alerter.

Rien n’a changé depuis notre première rencontre. Certes, vous êtes aujourd’hui connu et reconnu. Mais votre simplicité et votre bonté d’âme sont restées intactes.

Vouloir s’imposer comme vous le faites dans un monde qui tremble à la vue de la différence, qui encense jusqu’à la déraison les beautés aussi trompeuses qu’éphémères et qui nie sournoisement la vieillesse, pourtant signe de savoir et de sagesse, me rappelle le poète que chantait Jean Ferrat…

Vous vous en souvenez comme moi, je pense : « Le poète a toujours raison, qui voit plus haut que l’horizon. Et le futur est son royaume. Face à notre génération, je déclare avec Aragon que la femme est l’avenir de l’homme »…

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Au-delà de cette attitude “ héroïque” dont jamais vous ne vous êtes départi, je ne peux aujourd’hui, au moment où je découvre vos nouveaux textes, que m’incliner et vous dire “merci”.

Vous avez, Monsieur, avec délicatesse et force, mis les femmes à l’honneur. Et avec elles, le combat sans relâche qu’il faut encore mener pour ne pas être malmenées. Il ne s’agit pas là d’un féminisme aveugle, mais malheureusement d’une réalité qui se rappelle à nous chaque jour. Ici comme ailleurs.

Nos grands mères et nos mères ont cru, en 1945 comme en 1975, qu’elles devenaient libres de penser, d’agir, de disposer de leur corps. C’était se méprendre sur le genre humain. C’était oublier que le genre reste masculin.

Je ne vais pas écrire à nouveau ce que vous dites si bien, c’est là d’ailleurs l’objet de ma lettre.

Vous avez, avec vos textes choisis, su dire et raconter tous les combats, toutes les attentes, parfois non sans humour, c’est une force.

Vous avez su aussi y glisser bien des souffrances. Juste assez pour que, si des oreilles candides écoutent au lieu d’entendre, cela fasse mouche.

Je veux croire qu’un slam prête à réflexion plus longtemps que les 2 minutes 58 de votre introduction.

Je veux croire que les médias qui saluent votre nouvelle création partagent sincèrement cette même introduction, et qu’elle soit celle d’une nouvelle histoire qu’on écrirait au féminin. Sans douleurs, sans coups. Sans maltraitance, sans oubli.

Je vais à mon tour saluer votre talent, qui ne se résume pas à ce seul texte.

L’ode à la femme que vous nous offrez tout au long de votre nouvel album nous donne envie, sans effort, d’y croire encore. De rêver plus fort d’un quotidien doux et serein.

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J’imagine aisément que tous les compliments qu’a suscités votre dernière création vous ont comblé de bonheur et de joie. Mais je crois savoir, sans trop me tromper, qu’ils ne vous feront en aucun cas perdre de vue les réalités de notre monde imparfait.

Ce monde qui grâce à des gens comme vous devient pourtant plus supportable…

Alors, surtout, cher Grand Corps Malade, prenez soin de vous et de vos proches.

Avec tout mon respect. »

Hélène Lacore Kamm

hlk prod

Mesdames, le nouvel album de Grand Corps Malade. En concert bientôt chez vous !

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