Richard Patry : l’Itinéraire d’un Enfant Gourmand de Cinéma

Richard Patry-l'Itinéraire d'un Enfant Gourmand de Cinéma-Ouv-ParisBazaar-Marion

Cinéphile autant que cinéphage, Richard Patry est un acteur essentiel du cinéma français. Il représente et défend aujourd’hui les 6 000 salles de l’hexagone. Et c’est en s’offrant le cinéma de son enfance qu’il a un jour commencé à écrire sa belle histoire.

Si pour certains le Cinéma est une affaire sérieuse dont il convient de parler avec toute la morgue et la hauteur de ceux qui savent, il est pour lui la passion d’une vie qui n’a de sens que si elle est partagée avec le plus grand nombre.

L’enthousiasme joyeux et juvénile qui porte ses mots quand il évoque ce film, ce réalisateur ou cette actrice fait le bonheur contagieux de celui qui l’écoute. Intarissable et jamais blasé, Richard Patry aime toutes les cinématographies. C’est pour ça qu’il aime profondément et sincèrement le Cinéma.

Il a fait sien ce langage magnifique dont il connaît et affectionne les mille accents à l’âge où on s’émerveille de tout et de rien. C’était il y a quelques dizaines d’années à Elbeuf, commune de Seine-Maritime dont l’industrie drapière longtemps fit les riches heures avant que ne s’engage l’inéluctable déclin dans les années 50, jusqu’à l’ultime fermeture de la dernière entreprise à la fin des années 80.

Maman travaillait à l’usine, papa était barbier-coiffeur, le petit Richard trompait son ennui au cinéma de la ville et s’y ouvrait des horizons nouveaux. C’est dans ce même cinéma, aujourd’hui le Grand Mercure, qu’il prend le temps de rembobiner le film de sa vie.

« Papa coupait les cheveux à des ouvriers qui sortaient un peu tard du boulot, le salon restait ouvert tard le soir. Assez vite,  j’ai donc eu le droit d’aller au cinéma tout seul… Il faut t’imaginer, dans ce hall où on est, le Richard des onze ans, déjà là (sourire)… Le cinéma n’avait pas été refait, c’était une seule et même salle, immense, de 1100 places !

J’ai connu des soirées où j’étais tout seul, le cinéma n’allait pas très bien, je voyais des films absolument tout seul… Comme « Excalibur » de John Boorman, avec l’ouvreuse et son panier à qui je disais : « Il n’y a personne, je peux revenir demain si vous voulez, il y aura peut-être un peu plus de monde. » Et qui me répondait : « Oh vous savez, même s’il n’y avait eu personne, on aurait joué quand même (sourire) ! » Donc oui, mes premiers émois cinématographiques, c’est ici que je les ai vécus…

Ici et au lycée. Très important le lycée. Parce qu’ici, à l’époque, on passe plutôt « les Bidasses en Folie ». Tandis qu’au ciné-club du bahut, ce sont les Charlots de Chaplin, les Fellini… Avec des profs qui étaient aussi passionnés que moi et qui voyaient ce jeune garçon que j’étais aller en permanence découvrir des films et encore des films (sourire)…

Et puis un jour, il y a la transformation de ce cinéma historique. On passe d’une grande salle unique à trois salles. J’ai seize ans et là tout d’un coup, mon monde s’écroule ! J’ai vingt francs d’argent de proche que je dépense intégralement ici. Avec trois salles, je sais que ça va pas être possible, je n’aurai pas assez de sous…

Je ne sais pas comment je vais faire pour continuer à aller au cinéma… C’est le calvaire ! D’autant que je ne suis pas comme Antoine Doinel, je ne suis pas du genre à entrer par les sorties de secours, je suis un garçon sage en fait (sourire)…

Comme je suis le président du ciné-club, je suis invité le soir de l’inauguration la veille de l’ouverture. Donc, je découvre  le lieu avec sa mezzanine, ses trois salles… Je trouve ça… Ouah ! Magnifique !

Et je vais voir les nouveaux patrons qui viennent d’arriver et je leur dis : « Écoutez, on ne se connaît pas mais je vous propose un deal. Je viens travailler gratuitement le week-end, je fais tout ce que vous voulez, je ramasse les papiers par terre, ce que vous voulez, et en échange, vous me laissez voir tous les films gratuitement. » Le mec me dit : « Deal ! »

Il me tape dans la main et le lendemain, jour de l’ouverture, on est en 82, il est 14 heures, c’est un mercredi, jour des sorties… « le Marginal » avec Belmondo, « Papy fait de la Résistance », « la Chèvre »… Trois films, les trois salles sont bourrées de monde, il y a la queue jusque sur le parvis… Je déchire pour la première fois les billets et je découvre mon métier.

C’est une évidence pour moi, ça sera ça (sourire) ! »

Richard Patry-l'Itinéraire d'un Enfant Gourmand de Cinéma-1-ParisBazaar-Marion©Jean-Marie Marion

On voit Richard Patry accueillir le public et contrôler les billets le premier jour, on le croise dans les cabines au milieu des bobines dès le lendemain. La semaine suivante, il sait projeter tous les films. Il s’occupe aussi très vite de l’administration du cinéma. Il devient clairement incontournable autant qu’indispensable. Si bien que lorsque le directeur prend sa retraite, c’est à lui qu’on propose de reprendre le flambeau.

Juste un souci, il est encore lycéen. Et s’il aime le cinéma qui le lui rend déjà bien, il ne nourrit pas exactement la même passion dévorante pour ses études, lesquelles le lui rendent tout aussi bien. Le bac est donc logiquement parti sans lui et il vient à peine d’entamer le redoublement de sa terminale quand son père douche son enthousiasme, ce sera « ton bac d’abord ! »

Ses profs « absolument géniaux » intercèdent, parviennent à convaincre ses parents, et le lycéen devient alors le salarié du cinéma qu’il dirige. En cours chaque jour jusqu’à 17 heures et au cinéma de 17h à minuit. Du rarement vu. L’ado atypique a en outre la bonne idée de décrocher son bachot au deuxième essai. L’histoire semble s’écrire sans fautes. Mais le ciel s’assombrit néanmoins.

Avec l’arrivée de Canal Plus et l’explosion de la VHS, de nouveaux usages apparaissent et se développent à toute vitesse. Les vidéos-clubs poussent plus vite que les champignons, tandis que les salles, en première ligne, prennent la vague de plein fouet et encaissent plutôt mal la mutation qui est train de s’écrire. À Elbeuf comme ailleurs, la fréquentation s’écroule et les patrons du cinéma déposent les armes en même temps que le bilan.

« Ils décident de fermer le cinéma. Le dernier jour, je pose les clés sur le bureau de mon patron et je lui dis : « Si vous vendez, j’achète ! » Et je pars, comme un poor lonesome cow-boy… Je m’éloigne sur la place, fondu au noir, la lune qui brille, the end, je suis en pleurs.

Et puis trois jours après, on me rappelle : « On vend ! » Là, je regarde mon livret de Caisse d’Épargne et je me dis qu’avec 350 francs, on doit pas pouvoir racheter un cinéma (rires) ! J’appelle d’abord la Fédération Nationale du Cinéma, que je préside aujourd’hui, pour leur dire : « Voilà, je suis un jeune garçon, pour acheter un cinéma comment on fait ? »  

Je tombe sur une personne qui me répond : « Mais arrêtez ! Monsieur, le cinéma c’est fini ! On va tous mourrir, vous battez pas et gardez votre argent pour faire autre chose ! » Je lui dis : « C’est bien ce que vous me racontez. Pour une fédération de cinéma, c’est vachement revigorant (sourire) ! Vous me dites que le cinéma est mort, je ne peux pas vous laisser dire ça ! Donnez-moi le nom d’un spécialiste de la comptabilité du cinéma ! »

Ce nom, c’est celui de Serge Katzenberg. Il était à l’époque le grand manitou de la finance du cinéma et de l’audiovisuel, il écrivait dans « les Échos », il faisait la comptabilité des plus grandes sociétés de production. Il avait ses bureaux au 89, avenue des Champs-Élysées…

J’y vais, sans rendez-vous et je demande à le voir. On me dit que ça va pas être possible. Je fais le siège jusqu’en fin de journée, il accepte finalement de me recevoir… Un bureau plus grand que le hall, un monsieur assez âgé, qui impose en costard trois pièces et noeud papillon… Des fauteuils en cuir dans lesquels tu t’enfonces et où tu te retrouves le menton au niveau de la table (sourire)…

Il commence à me faire la leçon : « C’est pas bien, Monsieur, de venir sans rendez-vous et de vous imposer comme ça ! Est-ce qu’au moins, vous connaissez le montant de mes honoraires ?? » Je lui dis : « Je ne suis pas venu vous parler d’honoraires, je n’aurais pas les moyens de les payer ! Je suis venu vous demander un conseil… Vous pouvez bien donner un conseil à un jeune !? » 

Je lui tends mon dossier, il lit. Et il me dit : « Vous savez, c’est très dangereux… C’est pas gagné… Vous y croyez vraiment ? » Je lui réponds : « Ah oui ! J’y crois vraiment ! C’est sûr, ça va marcher ! » Il me demande : « C’est qui la banque ?  » « Ma banque, c’est la Caisse d’Épargne » « On s’en fout de votre banque ! La banque du cinéma, c’est qui ?? » « La Société Générale » « Micheline, appelez-moi la Société Générale à Elbeuf !! »

Deux minutes après, il a le directeur au téléphone. « Cher Ami, comment allez-vous ? » Et  ça discute de tout de rien , est-ce que Fabius va sauver la France ?… Bref, et tout d’un coup : « Dites-moi, avec le cinéma d’Elbeuf, vous êtes pas bien, vous êtes en risque, non ? J’ai l’homme providentiel devant moi ! » Je me retourne, il n’y a que moi (rires). « Très bien, cher ami, mardi prochain 15 h ! » Il se tourne vers moi : « Nous avons rendez-vous tous les deux avec le directeur de la Société Générale d’Elbeuf, mardi prochain. je vous accompagne… Et vous mettez un costume et une cravate parce que là, vous êtes vraiment habillé comme l’as de pique ! Et on va le faire votre projet ! »

Et je te jure que c’est vrai, le mardi suivant, je ressors de la banque avec un prêt sans garantie et un chèque d’un million de francs pour racheter le cinéma ! Le 24 décembre 1987, la veille de Noël, je suis propriétaire de mon premier cinéma, « le Mercure » à Elbeuf, où on est en ce moment (sourire).  » 

Richard Patry-l'Itinéraire d'un Enfant Gourmand de Cinéma-2-ParisBazaar-Marion©Jean-Marie Marion

Richard Patry s’est ensuite retrouvé à la croisée des chemins. Ou il traçait sa route avec son unique cinéma en bon artisan. Ou il grandissait en adoptant le modèle économique de la délégation de service public. Ce qu’il a fait et ce qui lui a permis d’acquérir des cinémas, alors en difficulté, qui appartenaient à des collectivités locales et qu’il s’est engagé à exploiter à ses « risques et périls », selon la formule bien connue de ceux qui s’aventurent hors des pistes balisées.

Trente-cinq ans plus tard, à la tête de Nord-Ouest Exploitation, il dirige 35 cinémas, une centaine de salles, dans des villes petites, moyennes ou grandes. Il s’est aussi doté d’un circuit itinérant, Ciné Seine, son « Cinéma Paradiso ».

« On part le projecteur sous le bras. On va à Fauville-en-Caux, à Étretat une fois par semaine. On s’installe dans la salle des Fêtes. Et c’est génial ! Les gens viennent en chaussons pour se retrouver ensemble… Ça devient le rendez-vous important du village… Ce sont des gens qui sinon n’iraient pas au cinéma… Le cinéma vient à eux…

Et puis on a « l’Omnia » à Rouen, l’ancien Gaumont, qui est l’un des dix meilleurs cinémas d’Art et d’Essai aujourd’hui en France… On est aussi à Yvetot, à Fécamp, à Carentan, à Houlgate, à Caudebec-en-Caux, une des plus petites villes de France, qui a son cinéma, « le Paris », ouvert tous les jours (sourire) !

C’est ça qui est formidable, on est dans une vraie passion… La passion des salles, des films… Et ce qui unit les salles et les films, ce sont les spectateurs… Ils sont géniaux… Ils aiment le cinéma, les Français aiment le cinéma !… Aujourd’hui plus qu’hier et certainement moins que demain,  il y a de plus en plus de façons de voir des films… Maintenant sur ton téléphone portable, hier en VHS, à la télé… 

Néanmoins, en France, on a compris qu’un film, c’est un objet audiovisuel qu’on voit assis dans une salle, dans le noir, avec d’autres personnes. C’est ça qui fait d’un film ce qu’il est ! Pour être un film, il faut naître dans une salle de cinéma !

Je prends souvent l’exemple de « la Joconde »… Mona Lisa, tu l’as vue partout. On en fait des pin’s, des tee-shirts, des cartes postales, des mugs… Mais tant que tu ne l’as pas vue au Louvre, tu ne l’as pas vue ! Pour un film, c’est pareil; Tant que tu ne l’as pas vu dans une salle, tu ne l’as pas vu !! Et ça, les Français en sont franchement convaincus.

Et même après la crise qu’on vient de traverser, 300 jours de fermeture, ils sont super nombreux à revenir, à reprendre leurs habitudes. Bien-sûr, ça va prendre du temps mais ils seront là et d’ailleurs, ils sont déjà là !

Alors, il faut faire attention.  Il faut faire de l’éducation à l’image et faire en sorte que dès le plus jeune âge, les enfants à l’école, au collège, au lycée aillent au cinéma… Naturellement, quand tu as quinze ans, tu as plus envie de voir un Blockbuster américain qu’un film français, mais à nous de les éduquer ! Au passage, il faut bien savoir que les succès de ces films financent aussi les prochains films français… Mais à nous de leur ouvrir les yeux et de leur montrer que dans le cinéma français, il y a aussi des choses très divertissantes !

Moi, je suis fasciné par la qualité de ce que produit le cinéma français. Quand tu vois ce qu’on proposait dans les années 80 et ce qui sort aujourd’hui ! Tu as une qualité hallucinante ! Il y a une nouvelle vague qui arrive ! Parce qu’il y a de plus en plus de jeunes pour réaliser, de plus en plus de femmes aussi, et des gens de toutes les origines pour nous raconter des histoires ! Il y a un métissage, une diversité qu’on avait encore jamais vues !

Quand tu vois le succès d’ « Antoinette dans les Cévennes », l’histoire d’une nana, institutrice, qui décide d’aller marcher avec un âne dans les Cévennes… Quand tu pitches comme ça, tu te demandes (sourire)… Eh bien, 800 mille spectateurs et des gens qui sortent avec la banane !… On a une qualité de cinéma en France !

On a beaucoup parlé du « mur » de films en sortant des deux confinements et c’est vrai qu’il y en a eu et qu’il y en a beaucoup mais c’est une chance ! Il y a plein de choses à voir (sourire) ! » 

Richard Patry-l'Itinéraire d'un Enfant Gourmand de Cinéma-3-ParisBazaar-Marion©Jean-Marie Marion

Enthousiaste mais lucide, et d’un optimisme que rien ne semble pouvoir entamer, Richard Patry, ardent président de la Fédération Nationale des Cinémas Français, aura beaucoup défendu la cause des salles de cinéma auprès des différentes autorités pendant la crise sanitaire. Nouant des relations franches autant qu’amicales avec le premier Ministre Jean Castex, dont on ne peut s’empêcher de penser qu’il n’aura pu prêter que ses oreilles attentives à ses suggestions.

Ce qui a permis à l’industrie de passer le cap tant bien que mal et plutôt mieux que pire, même s’il reconnaît que le secteur traverse une période dont la difficulté demeure sans précédent.

Malgré un présent tendu et un futur qui pour l’instant n’a rien de simple, il a toujours aujourd’hui cette envie qui ne le quitte pas de croire que la salle obscure sera toujours plus forte que nos smartphones et que ce qu’on y vit, jamais aucune plateforme ne saura nous l’offrir.

« Pour moi, ce n’est pas une question. Oui, il y aura encore demain des salles de cinéma ! Si demain, les salles françaises ferment, c’est le cinéma français qui s’écroule et les Américains auront gagné et ils ne peuvent pas gagner tout seuls… Ce n’est pas possible… On est intimement liés.

Et les salles resteront ouvertes, de toute façon… Pourquoi ?… Regarde ici, ce soir à Elbeuf, on sera la seule enseigne allumée, le seul endroit à accueillir celle ou celui qui veut se divertir ou se cultiver… Et c’est comme ça dans 2200 cinémas en France ! Et qu’est-ce que c’est une salle de cinéma ? C’est le premier espace de liberté !

Le premier lieu où tes parents te laissent aller seul quand tu as onze ans, le lieu du premier baiser… Il est tellement lié à nos vies ! Combien de couples se sont formés dans une salle de cinéma ?? Combien y sont retournés ensuite avec leurs enfants pour leur faire découvrir le cinéma ?? Combien de papis et de mamies ont emmené et emmènent leurs petits-enfants ?? Combien de potes se sont engueulés à la sortie d’un film ?? « C’est un chef d’oeuvre ! » Pas du tout, c’est une bouse !! (rires) »

C’est un lieu magique, la salle de cinéma… Elle fait partie de notre ADN ! C’est la Vie !! »

Richard Patry glisse avec gourmandise voir entre 300 et 400 films par an. À l’écouter parler du dernier, on a l’impression que c’était le premier. Et quand il prend le temps d’un coup d’oeil dans le rétro du temps qui file, on voit avec lui se dessiner le portrait d’un homme heureux.

«  C’est pas vraiment un métier… Qu’est-ce que tu crois ? Moi, je suis payé pour aller au cinéma (sourire)… Qu’est-ce que tu veux faire de mieux ?? Je fais le plus beau métier du monde ! J’ai commencé à seize ans, j’en ai 57… Ça en fait des films, des talents, des acteurs et des actrices rencontrés… Ça en fait des festivals… J’ai rêvé ma vie et j’ai eu la vie que j’ai rêvée… Qu’est-ce que je peux demander de plus (sourire) ? »

Quant à son film de chevet, choix cornélien mais la table ne serait de toute façon pas assez grande, cet homme qu’on pourrait avoir croisé chez Capra cite la Mélodie du Bonheur avec l’incomparable Julie Andrews. Un choix comme celui d’une vie. Le sens de sa vie à lui.

O.D

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