Permettez que je vous écrive… Madame Pietragalla

Permettez que je vous écrive-Pietragalla-Ouv-2-ParisBazaar-LacoreKamm

Elle aime, Hélène. Elle aime aimer et prendre le temps de l’écrire. À l’encre de ses émotions, au fil de ses rencontres, ses lettres s’affranchissent de toutes les barrières. Comme seuls les mots savent le faire quand ils viennent du coeur.

« Permettez que je vous écrive, à vous, Madame Pietragalla.

En ces temps où l’utilisation du prénom, du tutoiement se fait aussi « légèrement » qu’une tape dans le dos, je souhaite plus que tout vous appeler « Madame » et garder le vouvoiement qui donne ce charme, si particulier, à la langue française.

Cela fait plus de huit jours que j’essaie de vous écrire.

Les mots se bousculent, refusant de se mettre en ordre, aucun ne veut prendre sa place, aucun ne s’aligne comme je le désire.

Mais, finalement, quelle belle évidence pour ce qui est votre art.

Pas besoin de mots pour exprimer les sentiments, les émotions, tant la Danse est l’expression suprême du corps.

Permettez que je vous écrive-Pietragalla-La femme qui danse photo Pascal Elliott-ParisBazaar-LacoreKamm

La chose est résumée et dite. Alors pourquoi vouloir vous écrire ? Justement pour le souligner.

Au contraire de vous, je ne peux en aucun cas mettre au point une chorégraphie digne de ce nom qui exprimerait mon admiration pour votre langage.

Cette expression que vous nous offrez avec tant de passion, de rigueur, de lâcher prise aussi, me trouble.

Vous avez su depuis vos débuts faire vôtres l’exigence, l’endurance, la maîtrise sans faille qu’exige la technique de votre art, tout en sachant casser ses codes pour nous emmener plus loin. 

Vous n’avez eu de cesse de dépoussiérer la pratique de la Danse qui, parfois, malmène tant les plus acharnés.

C’est pourquoi, vouloir vous écrire, peut donner l’impression d’être dans des pointes trop petites ou trop neuves. D’avoir à enchaîner les arabesques sans oublier de revenir en cinquième et ce, sans échauffement.

Certains diront : « Vous regarder danser donne des ailes, tout paraît simple et facile. »

Sans le nier, c’est bien plus que cela.

Qui y’a t’il derrière les gestes, les postures ?

Une technique parfaite suffit-elle à faire une danseuse parfaite si cette dernière ne sait pourquoi elle danse ?

Durant le confinement, nombreux sur les réseaux sociaux nous ont abreuvé de leur recette de ratatouille, de leur premier court de guitare… j’en passe et des pires. Vous, Madame, vous nous avez donné, sans rien attendre en retour, le ressenti du confinement derrière la fenêtre. Une chorégraphie sans fard dans la simple lumière du jour. Un instant suspendu.

Permettez que je vous écrive-Pietragalla-la-femme-qui-danse-ParisBazaar-Lacorekamm

À vous regarder danser, par écran interposé, nous entendions tous ces maux qui étaient les nôtres. Grâce à vous, par vos pas, ils devenaient plus légers, plus supportables.

Offrir son art pour adoucir le quotidien, c’est bien là une jolie preuve d’humilité.

Pourtant, à la vue de tous vos titres, de votre curriculum vitae vous pourriez sans mal bomber le torse, mais la vie nous apprend très vite que le talent n’a pas besoin de faire du bruit. Quand il existe, quand il est là, il s’impose dans le plus profond silence.

Voilà Madame, les quelques mots que je souhaitais vous écrire à vous « la Femme qui Danse ».

Avec tout mon respect. »

Hélène Lacore Kamm

(hlkprod.fr)

Pietragalla“ la Femme qui Danse “ , un spectacle du Théâtre du Corps, à découvrir  du 12 Novembre au 21 décembre 2020 au Théâtre de la Madeleine.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

VOUS AIMEZ ? REJOIGNEZ-NOUS ET ABONNEZ-VOUS !

DÉCOUVREZ MAINTENANT