Permettez que je vous écrive… Monsieur Wilson

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Elle aime, Hélène. Elle aime aimer et prendre le temps de l’écrire. À l’encre de ses émotions, au fil de ses rencontres, ses lettres s’affranchissent de toutes les barrières. Comme seuls les mots savent le faire quand ils viennent du coeur.

« Permettez que je vous écrive, Monsieur Wilson.

Certes, je pourrais, à la vue de ce qui se fait et se défait beaucoup surtout, vous appeler Lambert Wilson ou Lambert. Mais je refuse de faire mienne cette familiarité qui envahit notre monde, à vouloir appeler autrui par son simple prénom, comme si nous étions intimes.

D’ailleurs, entre nous, je me sens d’un autre temps, tant les lettres aujourd’hui paraissent surannées.
On se nourrit jusqu’à la lie de sms, de smileys et puis on parle de communication… Cela me laisse perplexe.

Mais laissons là ce débat sans fin.

Permettez que je vous écrive-Monsieur Wilson-De Gaulle Affiche-ParisBazaar-LacoreKamm

L’objet de ma lettre n’est autre qu’une simple salutation à votre personne.
Vous possédez cette subtile facilité d’être dans notre quotidien culturel tout en gardant un doux mystère.
D’aucuns pourraient sans nul doute résumer votre chemin au nombre de films, de nominations, d’années de carrière et j’en passe … Mais les chiffres sont dénués d’émotion et bien loin de mettre en exergue le savoir-faire.

À vous regarder jouer, tout paraît évidence et facilité, élégance et subtilité.
À vous écouter chanter, tout paraît de même.  J’en garde pour preuve un a capella à 9 heures du matin, devant un micro partagé, de « My Funny Valentine » en hommage à Marie Trintignant.

Bien sûr, je pourrais avec gourmandise énumérer vos rôles, en faire une étude détaillée mais je ne suis pas une critique du 7ème art, pas critique tout court, et que Dieu me garde de succomber un jour aux chants de ces sirènes perverses.
D’ailleurs, comment faites-vous pour vous protéger de ces dernières, à l’heure où nombreux sont ceux qui parlent sans savoir, écorchent et vilipendent pour remporter je ne sais quelle gloire ?

Notre monde est cabossé, c’est en partie pour cela que vous regarder jouer adoucit le quotidien. Vous nous offrez depuis longtemps cette évasion qui nous manque tant. Le cinéma, dans son expression comme dans le lieu qu’il représente, nous offre généreusement une autre vie. Un autre lieu, un autre temps. Un instant pour croire que tout s’arrête autour, une douce parenthèse. Du rêve.

Ce qui me touche, c’est que, quel que soit le rôle, l’interprétation, l’intensité du jeu, votre élégance naturelle irradie, votre extrême bienveillance transparaît. Et n’en déplaise à certains, votre humilité fait du bien.

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Je suis de ces spectatrices qui aiment les acteurs bien élevés et que le doute rend plus lumineux. Vous êtes de ceux-là.

Je ne peux me résoudre à conclure cette lettre sans vous remercier de jouer en réussissant à nous faire oublier que c’est un jeu… d’acteur.

Prenez soin de vous.

Bien à vous. »

Hélène Lacore Kamm

(hlk prod.fr)

 

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