Prendre avec Rosemary le temps d’Avignon

Rosemary aime le théâtre tout le temps, même l’été. Surtout à Avignon. Comme beaucoup d’autres Parisiennes, elle a pris le temps de la belle parenthèse. Sa carte postale.

Je viens juste d’arriver sur Avignon. Comme le pont, oui. Comme le festival, surtout. Le 72é du nom, cette année. On y retrouve avec joie le speed des cigales et le speed de cette ville. Où le premier défi consiste à d’abord et surtout à y trouver où loger. Cette année, ce sera une chambre d’enfant. Tout ce que j’aime. Probablement fils de Spartes l’enfant, qui dort sur un lit dur comme pierre. Tout ce que je déteste.

Il s’agit ensuite de trouver le village du Off avec la carte d’Avignon et se procurer le programme des 1000 pièces du festival. Un bon pavé de l’été. Mais ça y est, c’est fait. Bien lestée Rosemary !

Et c’est parti. Premier spectacle, Piège pour Cendrillon à 19h05 au théâtre Actuel.

Un roman de Sébastien Japrisot. Avec les sublimes Alyzée Costes, Nassima Benchicou, Aurélie Boquien et David Talbot. Adapté par Aïda Asgharzadeh. Scénographié par Juliette Azzopardi 

Sexy et sensuelles, deux très belles comédiennes qui vont toutes les deux jusqu’au bout de leurs fantasmes  avec un avocat véreux et une dame de compagnie dangereuse …Un vrai polar, une réussite !

Ensuite ? Ensuite, ne pas oublier de courir dire bonjour aux personnes qu’on connaît. Et on en connaît. Ne pas oublier non plus de réserver ses places pour la deuxième partie de soirée. Il n’y a pas que le foot qui bouge les foules, le théâtre des Halles fait salle comble. Pour un Shakespeare divin et majestueux qu’on aime voir et revoir porté par un acteur émouvant et mélancolique comme Gregori Baquet. Avec lui, on est Hamlet, on vit Hamlet !

L’histoire et le jeu nous touchent et nous emportent. Jusqu’au terrible et si fameux dilemme : être ou ne pas être ?  Telle est encore et toujours la très bonne question.

Hamlet. Avec Grégori Baquet, Christophe Charrier, Julie Delaurenti, Olivier Denizet, Laurent Muzy, Didier Manuel Dit Niverd, Manuel Olinger, Stéphane Ronchewski, Ludovic Thievon et Philipp Weissert. Mise en scène de Xavier Lemaire, au théâtre des Halles à 22h.

Le lendemain, on se met en quête d’un bon petit restaurant grec. On le déniche place des Carmes, au frais et il est très bon le Grec.

On attend 13h5O pour découvrir Le bois dont je suis fait, de et avec Julien Cigana et Nicolas Devort au théâtre des Lucioles mise scène par Clotilde Daniault.

Une mère décide de réunir les trois hommes de sa vie, son mari et ses deux fils, afin de les réconcilier. Julien Cigana et Nicolas Devort deux comédiens exceptionnels jouent tous les rôles. Les personnages  s’aiment et se détruisent sous nos yeux. Impressionnant.

18H30. Avec cette chaleur, on a envie de thé glacé. Et justement, le meilleur se trouve dans la cour du théâtre Buffon où je m’installe à l’ombre d’un grand figuier en attendant que les gens rentrent .

Avec Kamikazes, une création de Stéphane Guérin, un vent Fellinien et Bergmanien souffle sur Avignon.

Un petit bijou d’humanité et de folie comme on les aime. La mise en scène d’Anne Bouvier est joyeuse et précise. Les personnages se croisent et s’entrecroisent pour se retrouver et s’aimer. Comme dans un vrai règlement de compte familial, ils ne se ratent pas. C’est beau. C’est humain. Les dialogues sont vraiment drôles et percutants. « Je suis pas malade, je suis juive…  j’ai l’habitude de partir »  nous dit Sarah à un moment donné. Le reflet  de l’étrange et du non- dit. Un travail d’orfèvre. À ne pas rater !!

Avec Raphaeline Goupilleau, Julie Cavanna, Pierre  Helie, David Brecourt, Valentin de Carbonnieres, Pascal Gauthier et Salomé Villiers.

Au théâtre Buffon

Pour finir en beauté, une comédie musicale sur la vie d’Arletty .

Une Arletty parfaite qui roule sa bosse et sa verve entre les deux guerres avec notamment cette magnifique et célèbre réplique : « Mon cœur est français, mais mon cul est international ! » Le spectacle est une petite bombe aux couleurs des années 50 . C’est gai et on en redemande !

Est-ce que j’ai une gueule d’Arletty ?

Avec Elodie Menant, Marc Pistolesi et Celine Esperin.

Mis en scène par Johanna Boye.

Au théâtre du Roi René. à 13h.

Une dernière soirée à flâner. Agréable et tellement rafraichissante, avant de retrouver le calme et la chaleur des pavés Parisiens.

À l’année prochaine, Avignon !

Rosemary

In et Off, le festival d’Avignon c’est jusqu’au 29 juillet.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *