Armistice Day : l’écolo rock mondial de Midnight Oil

L’année 2017 aura vu le retour de grands groupes comme Madness, Trust, ou encore L7. Un groupe est largement au-dessus du lot : Midnight Oil ! 

Février 2017 : Kim Jong Un zigouille son demi-frère, Al Jarreau passe l’arme à gauche, il y a des élections législatives au Liechtenstein (si, si !)… Mais l’évènement est ailleurs ! Un des plus grands groupes de rock de la planète annonce son grand retour ! Non, pas BB Brunes… Un vrai groupe qui sait jouer avec des mélodies accrocheuses et rageuses, connu VRAIMENT partout ! Oui, Midnight Oil is back !!

Après 10 ans de silence, leur dernier concert remonte à 2009, Peter Garrett et ses hommes se sont remis ensemble pour une tournée traversant 16 pays. Au programme, 77  concerts dont un, mémorable, donné à l’Olympia. Dire qu’on les attendait n’est rien. Peter Garrett avait pour un temps laissé sa carrière artistique pour devenir ministre de l’environnement australien puis ministre de l’éducation. Ca fait drôle de voir un ministre rocker. Qui irait imaginer Jean-Michel Blanquer se secouer frénétiquement sur des rythmes approchant parfois le punk, se roulant par terre et jouant de l’harmonica ?… ben oui, les Australiens sont assez fous pour mélanger les genres, et c’est tant mieux ! 

 

Pour clore cette tournée colossale, Midnight Oil joue donc à domicile le 11 novembre 2017, à Sydney. Logiquement intitulé Armistice Day, ce double live est une source de bonheur. Pendant plus de deux heures, c’est une déferlante d’énergie qui s’abat sur nos oreilles. La basse vrombit sérieusement. Le meilleur exemple étant probablement sur Hercules. La batterie est franchement martiale, Kosciuszko en étant la preuve. La voix de Garrett est sibylline, quasiment cristalline. Le nombre des années n’a eu aucun impact sur son organe. On revisite littéralement une grande partie la carrière du groupe. D’Armistice Day à  Golden Age, en passant par Truganini.

Toujours plus engagés pour la cause aborigène notamment, le groupe australien va jusqu’à commencer Section Five (bus ton bondi) et The Dead Heart par du didgeridoo, ce qui renforce la qualité musicale de ce set. Evidemment, Midnight Oil ne peut pas jouer le moindre concert sans l’hymne qu’est devenu Beds Are Burning. Il est joué d’une féroce agressivité, toute basse devant, un peu comme un étendard, fer de lance de ce qu’on  pourrait qualifier de « rock écolo ».

Pour ce titre comme pour les autres tubes que sont Dreamworld, Sometimes, King Of The Mountain, The Dead Heart, Forgotten Years, US Forces, ou encore Blue Sky Mine, le public semble en transe, reprend les paroles, est omniprésent. On sent une véritable communion entre le groupe et son public, chose devenue rare à l’époque où certains artistes, pour ne pas citer U2 ni Muse, sont persuadés qu‘ils sont des Dieux !

On imagine parfaitement la fine silhouette de Garett, surnommé le géant vert en raison de son mètre 93, se déhancher frénétiquement, un peu comme un haricot vert (bio évidemment) épileptique et communiquer avec le public. Un enthousiasme qui se ressent pendant plus de deux heures de musique envoûtante. On a presque l’impression d’y être. Rien de mieux pour se faire du bien que cet ultime concert signé Midnight Oil…

Laurent Borde

Midnight Oil, Armistice Day : Live At The Domain, Sydney, Legacy/Sony Music  

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