La Bande Originale d’un Rock’ n’ Râleur : c’était le Fils du Père-Noël !

Laurent Rossi-c'était le fils du Père Noël-Rock'n'Râleur-ParisBazaar-Basset

Auteur et parolier, Francis Basset connaît la musique et au minimum toutes les chansons. Ses souvenirs, ses humeurs. Bonheur pur Collector !

Fils à Papa… Noël 

Le titre peut paraître péjoratif mais je l’aimais bien Laurent Rossi. Je l’ai connu en 79. Il m’avait repéré avec mon Merveilleusement Désenchantée pour Sylvie Vartan et avait voulu me rencontrer pour que je lui écrive des textes. Il avait décidé de chanter. 

Un peu avant, il avait fait un carton mondial en tant que producteur avec El Bimbo. Ce qui lui avait donné les moyens, si tant est qu’il ait été dans la gêne avec papa derrière, d’avoir un bureau grand comme un court de tennis sur les Champs-Elysées, sillonné par des magnifiques créatures en patins à roulettes et jupettes. Bien sûr, tout cela ne s’imposait pas pour gérer une boîte de prod mais ça en jetait. Il a aussi produit d’autres choses qui ont cartonné dont La Balanga. Je vous parle d’un temps…

Il me disait que quand il voulait savoir ce qui allait marcher, il allait dans les boîtes en province. C’était pas à Paris qu’on avait la bonne température. Idem pour la politique. Si nos dirigeants voulaient vraiment avoir une idée du pays et remédier au malaise général, ils auraient beau jeu de ne plus consulter le microcosme parisien mais le bon sens loin de chez eux et de BFM TV. Mais on s’égare.

Un jour avec Langolff, toujours lui, on décide d’aller lui faire écouter des titres. On tentait tout, tous azimuts à l’époque. On aurait écrit pour Frank Michael. Non, je déconne. 

On quitte Rouen, où on était basés à l’époque, pour Paris, rue Jean Goujeon où Rossi habitait. Il nous avait donné rendez vous à 11h et nous, en bons Provinciaux, on était sur place à 10.30h. On prend un café au bistrot en bas en attendant d’aller sonner à 11h précises. Une exquise soubrette nous reçoit, nous fait entrer et nous dit que monsieur Rossi dort. Bon. On s’installe et la fille nous propose un choix de boissons, dont champagne ou autres spiritueux. On reste au café.  Et on attend. 11h30… midi… le fils Tino toujours pas levé. Et il ne lui tarde pas du tout que le jour se lève. Tous les beaux joujoux qu’il voit en rêve, il les a en vrai.

Midi trente, on décide de passer aux alcools parce qu’on commence à se faire un peu chier dans le bel appartement aux murs tout blancs où trône un beau flipper lumineux comme un sapin de Noël.  

13h15, Laurent se lève enfin, peignoir blanc à parements genre Sacha Guitry.

« Ah salut ! » « Salut. » Bon. Nous on est là  avec nos cassettes, prêts à lui faire écouter des trucs. Mais Laurent commande son p’tit déj à la soubrette et va direct au flipper pendant qu’on fait le pied de grue. Il est farouchement déterminé à faire exploser son score de la veille. Ça dure un bon quart d’heure. On doute s’il se souvient qu’on veut lui faire écouter des morceaux. On le regarde prendre son p’tit déj et à  presque 14h, ça y est. Il est prêt à  écouter. Ça faisait jamais que trois plombes qu’on attendait ce moment. 

Il met notre cassette dans un lecteur qu’on aurait pu confondre avec une console de Cap Kennedy. Le morceau défile, Langolff et moi on est là devant mais lui disparaît. Et on s’en branle un peu de rester en frime devant les enceintes, on les connaît nos morceaux. Et soudain, le fils à Papa Noël réapparaît entre nous deux, au beau milieu d’une chanson, en faisant un bruit tyrolien avec sa langue « belebelebelebele. » On le regarde, croyant qu’il fait un malaise. Mais non.

« Une mandoline ! Là il faut une mandoline ! Belebelebelebele ! » il nous dit. Ah, c’était donc ça ! 

Il s’est remis au flipper et on est rentrés à Rouen. On savait qu’il fallait une mandoline sur notre morceau, juste avant les refrains. Mais peut-être pas à la fin.

Laurent et Tino Rossi-C'était le fils du Père Noël-Rock'n'Râleur-ParisBazaar-Basset

Optimisateur de Femmes

Idée de boulot d’avenir : Optimisateur de Femmes. Même les plus belles, les plus intelligentes et les plus tout ce qu’on veut fixent sur un truc chez elles qui leur pourrit la vie.

Juste leur dire tout ce qui marche chez elles, physiquement et intellectuellement, et leur démontrer que cette lumière produite par ce qu’elles ont de beau ne laisse aucune chance aux petits points d’ombre sur lesquels elles fixent à s’en rendre malade, voire à en mourir, parfois.

L’ombre ne résiste pas à  la lumière. C’est bien connu. Il faudrait même pousser le « vice » jusqu’à prouver à ces femmes combien leurs défauts alimentent leur lumière. Combien ils sont les repos nécessaires à leurs charmes implacables, leurs marchepieds d’élan. On n’imagine pas un beau texte tout surligné au stabiloboss. Tout=rien.

Toujours est-il que je veux bien diriger cette entreprise d’avenir. À moins que le voile, dont nos élites semblent s’accommoder, ne recouvre tout ça définitivement. Ce qui relèguerait ce qui précède aux fausses bonnes idées. Parce que mine de rien, elles se laissent gagner par cet obscurantisme au Pays des Lumières. Oxymore. Elles vont bientôt avec la honte de montrer leurs belles jambes et leurs jolies bouches, des fois que la police religieuse, déjà en place en certains lieux du territoire, croie qu’elles pourraient faire du bien avec. Voire même dispenser de l’amour ou même chanter ! Quelle horreur.

Tiens, du coup je découvre un autre métier d’avenir : Déculpabilisateur  de Femmes. Vas- y ma jolie ! Marche normalement dans la rue, seins bien dressés, regard effronté et cul ondulant. On veille. On a le goudron et les plumes pour ceux qui voudraient t’empêcher d’exprimer cette merveille qu’est ton corps. Pour eux, on a aussi les variantes  potache : cul au dentifrice et bite au cirage. Quels beaux métiers ! Merci Francis. Et en plus, tu ne demandes même pas le droit de cuissage. La classe ! 

Vieux de la Vieille-Rock'n'Râleur-ParisBazaar-Basset

Francis, tu te démènes âgé et c’est pas bien
L’autre jour, une femme plutôt avenante m’a laissé sa place dans le métro, décelant sûrement sur moi le poids des ans malgré ma haute taille, mes larges épaules et mon chapeau Indiana. On m’a dit que c’etait justement à cause du chapeau qu’on me cédait une place assise dans le métro. Parce que ça m’arrive presque tous les jours. « Le chapeau vieillit » , me dit-on. Mais ce que je ne comprends pas quand on se précipite pour me laisser une place assise, c’est pourquoi moi ? Comme si j’étais sur le point de tourner de l’oeil. Alors qu’il y a des « vrais » vieux autour de moi dans le wagon, qui marchent sur leurs bajoues et qui shootent dans leur bide, le teint terreux, l’oeil humide et les lèvres tremblantes, au bord de la crise cardiaque ? Eux auraient besoin de s’asseoir. Pas moi ! Pourquoi c’est à moi qu’on propose, moi si tonique, si altier, si fort, si grand, si beau ?? Vous pouvez compléter, les filles. J’en oublie certainement.
La semaine dernière, je venais de me taper le déménagement d’un pote avec tout le kit de l’effort violent et soutenu : grand canapé, frigo géant, machine à laver, cartons de livres et autres joyeusetés. Tout ça à monter au troisième sans ascenseur. En revenant, dans le métro, une femme, 45 ans, me regarde de façon soutenue. Tiens, je me dis, je lui plais. Pas du tout. Elle se lève pour me laisser sa place. Alors je lui explique que je ne suis pas si vieux, la preuve : je viens de faire un déménagement. Et je lui demande pourquoi elle me perçoit si âgé et me laisse sa place, alors qu’à côté de moi un vieillard ne tient debout que par le durcissement du contenu de ses couches. Elle n’a pas su me répondre.
Elle a eu même un peu peur à mesure que j’énumérais : « C’est mon chapeau ?… Ma barbe grisonnante ?… Mon air désolé de l’humanité grouillante ? » Elle était embarrassée pour me répondre. Avant de descendre à ma station, je lui ai lancé un « Merci quand même ! » J’oublie toujours. Je pense tellement à ma coquetterie que je zappe la gentillesse des gens. Tu vas pas être beau à l’hospice, Francis !
Tiens, elle est sympa la rime… hopice-Francis… mais si je fais une chanson avec ça, ça va faire mouiller qui ? … En rap, peut-être. Puisque de toute façon, c’est râpé.
Francis Basset

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