Le Gimmick Rock du Rock’n’Râleur : « Ride Like The Wind »

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Le Rock’n’Râleur vous livre ses anecdotes que lui inspirent des célèbres Gimmicks Rock qui demeurent dans son cœur et dans son froc. Aujourd’hui, Ride Like The Wind de Christopher Cross !

 

Ce gimmick du titre Ride Like The Wind de Christopher Cross me fait penser à la première fois où j’ai entendu Michael Mc Donald. Il fait juste une réponse vocale dans la chanson mais ça ma sidéré cette voix venue d’ailleurs, extra-terrestre. 

Un petit historique… Pas Michael…

Petit, je voulais être le Kit Carson ou le Blek le Roc de mes BD. Plus tard, je voulais jouer comme Hendrix ou Alvin Lee le guitariste de Ten Years After, être la star de Woodstock ou de tournées mondiales. Rien que ça. Je les imitais dans les baloches et les podiums rock’n’roll des plages l’été…

Et puis, comme j’étais guitariste chanteur j’ai voulu chanter comme Michael Mc Donald, le chanteur des Doobie Brothers. Cette voix-là, ou rien. J’étais fasciné. 

L’imitation « le faisait » , comme disent les jeunes, mais qu’est-ce qu’on aurait à cirer d’un Michael Mc Donald français ? Un Mc Do encore…

Toujours est-il que c’est cette chanson, Ride Like The Wind, qui a déclenché ma fascination pour la voix de Michael Mc Donald. 

Et j’ai écrit des chansons pour des artistes de la francophonie. Des noms connus. Dans ma culture. Mais j’aurais voulu être dans la dimension d’un Dylan ou d’un Bernie Taupin, le parolier d’Elton John. 

Et quand mes droits d’auteur se sont avérés un peu cheap, j’ai vendu des perceuses dans les supermarchés. C’est une expérience qui ne s’imposait pas. J’avais l’équivalent d’un euro par machine vendue, fallait en vendre un paquet. Autant dire que j’y étais de ma poche. Fallait pas que je bouffe le midi. 

J’étais aussi embauché comme démonstrateur de ces perceuses mais j’y connaissais rien.

Un jour que je m’acharnais sur un bloc de béton avec une mèche à percussion, j’étais en mode dévisseuse. Un blaireau qui passait par là me l’a fait remarquer devant sa femme : « Quel con, il est en dévisseuse ! »

Il était fier. Il avait tout le kit, maillot de corps, short et chaussettes dans les sandales. Il a poursuivi sa route jusqu’aux surgelés, bobonne pendue à son bras, transfiguré, l’œil humide. En attendant. Ça sentait le rodéo à moustaches une fois rentrés. 

Alors j’ai voulu écrire pour écrire, arrêter la chanson. Être publié et connaître le succès déjanté d’un Bukowski ou mythique d’un John Fante. Puis, j’ai tâté du one-man-show où je racontais ma vie jalonnée de toute cette musique « qui m’a fait paraître la route moins longue » comme disait Audiard.

Mais je n’ai fait que macérer dans mes frustrations de gloire. Je n’étais qu’une vache qui regardait passer l’Orient Express. 

Il me fallait me rendre à  l’évidence, je n’étais que Francis Basset. Vous allez me dire, c’est énorme déjà. C’est vrai. Même au repos.

Mais je suis heureux de ça, au bout du compte.

Heureux comme celui qui s’est ébloui de tours du monde, qui pousse enfin la barrière de son jardin, qui caresse la tête de son chien venu le fêter et qui lui dit à l’oreille : « Tu crois qu’on m’a aimé vraiment ? Et qu’on m’a été fidèle comme tu l’es toi ? Pourquoi tu pleures ? Ça ne pleure pas un chien… »

Francis Basset

Lire le Gimmick Rock du Rock’n’Râleur, c’est bien.

L’écouter, c’est très bien aussi… En plus, il y a la guitare !

 

 

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