The Cure : Rock In Paris !!

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Après le flop de l’an dernier, Rock en Seine se devait de redorer son blason. Avec The Cure en tête d’affiche, le festival a retrouvé son esprit rock. 

Rock en Seine a fait fort cette année. Un an après une très risible et ridicule affiche, avec PNL et Macklemore en têtes de liste, les organisateurs ont sans doute voulu se redonner une consistance, une certaine dignité même. Pari réussi.

La venue d’artistes comme Eels, Aphex Twin, Major Lazer, ou Jeanne Added prouvaient que les programmateurs avaient assuré. Ils voulaient probablement retrouver un public qui avait fui en courant en 2018, en lisant que les «cautions» rock du festival étaient Charlotte Gainsbourg, l’insupportable Liam Gallagher, et  Thirty Seconds To Mars.

Là où ils ont frappé fort cette année, c’est avec la venue de Cure. Le groupe de Robert Smith signait ainsi son seul concert en France et la fin de sa tournée harassante des festivals d’été. Le quintet anglais ne s’était pas produit chez nous depuis novembre 2016. Faut dire qu’entre tounées incessantes partout sur la planète, compositions de nouveaux morceaux, et enregistrements, le gang de Crawley n’a pas franchement chômé. 

Ce vendredi 23 août, il est 21h. Les cloches de Plainsong commencent à résonner. Dans la lumière superbe du soleil couchant, le Parc de Saint-Cloud se nimbe de rose… The Cure est bel et bien là ! Au complet ! Robert Smith entre en piste le dernier. Lui, que l’on sait parfois timide, arrive lentement, regardant partout. Il se balade sur la scène et semble jauger le public. Il a presque l’air effrayé. Il sourit et joue avec ses doigts, comme pour montrer son anxiété. Il se dirige vers le micro et là… La magie opère.

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La voix est toujours intacte. Comme le bon vin, elle semble même s’être bonifiée au fil des années. En revanche, il se montre peu locace. Communication minimum avec le public, l’Artiste préférant enchaîner les morceaux. Ce n’est qu’à partir du rappel que Robert Smith se décontractera un peu, semblant heureux, s’excusant de ne pas parler notre langue et plaisantant avec quelques mots de français comme «mais non, c’est pas vrai !»

Au cours de cette soirée folle, Cure a interprété quelques morceaux qu’il n’avait pas joués sur scène depuis des lustres. Just One Kiss ou l’énorme The Caterpillar ont été interprétés presque rageusement. Le sublime  Shake Dog Shake, coincé entre Primary et 39, a rappelé les grandes heures de Cure, époque  drogue-alcool et psychédélisme torturé.

Chaque titre a eu son décor, brillamment mis en lumière. Les Anglais ont mis le paquet sur le budget ampoules et fonds de scène. Derrière Primary, se dessinait la pochette originale. Pour A Forest, les musiciens étaient comme embrumés par des lumières vertes. Durant Friday I’m In Love, les logos de l’album Wish aparaissaient et disparaissaient sans cesse sur les écrans. C’était superbement conçu et très bossé. Simplement beau.  

Mais Robert Smith ne s’est pas arrêté là. Ses hommes et lui ont évidemment joué quelques uns de leurs immenses succès. In Between Days, Just Like Heaven, ou Close To Me ont aussi été de la partie. C’est d’ailleurs sur ce titre que le chanteur n’a pas hésité à s’avancer sur la scène disposée au milieu du public. Comme s’il était libéré de toute pression. Enchaînant ensuite avec Why can’t I be You ?, concentré, souriant et se risquant même à retourner sur la scène avancée. Il avait, auparavant, esquissé, quelques pas de danse presque épileptiques sur The Walk.  

Pour ce concert, Cure a décidé de faire l’impasse sur plusieurs albums. Aucun morceau de Pornography, de Wild Mood Swings, ou de 4:13 Dreams ne figuraient au programme. Aucune nouveauté non plus. Alors qu’un album semble se préparer et que le groupe a déjà fait découvrir quelques morceaux comme It Can Never Be The Same lors des précédents concerts, cette fois rien de neuf. Mais que tout ça était bon !

Jason Cooper semblait plus qu’en forme derrière sa nouvelle batterie Yamaha. Reeves Gabrels, toujours impassible, assurait facilement la rythmique. Il a fallu un certain temps pour que Roger O’Donnell se déride enfin derrière ses claviers tandis que Simon Gallup s’est montré toujours aussi virevoltant. Dès le début, il s’est approprié la scène, l’explorant de long en large. Sa dégaine rock’n’roll, la basse quasiment sur les genoux façon Peter Hook, son jeu au médiator, en font définitivement l’un des grands bassistes du rock. Dommage que son instrument ait connu quelques problèmes sur From The Edge Of The Deep Green Sea et sur Lullaby.

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Malgré ces légers désagrément et un son parfois tournoyant en raison de légères brises de vent, Cure a réussi la performance de séduire 30 000 personnes pas toutes forcément acquises à sa cause. Pendant 2h15, Robert Smith et ses hommes ont donné de leur personne. Ce n’était peut-être pas le meilleur concert de Cure mais c’était un grand moment, fort, quasiment enivrant. Un concert unique et puissant.

Ce soir du 23 août 2019, Rock en Seine a retrouvé sa dignité. Enfin !

Laurent Borde

P.S : Nous n’avons pas eu d’accréditation pour ce festival. Faut dire aussi qu’on n’en avait pas demandé…

              

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