Ça y est ! On est enfin au mois de juillet ! Pour des vacances réussies, laissez-nous glisser dans vos valises quelques pépites bien choisies.
L’heure a donc sonné des vacances bien méritées après plusieurs mois de confinement ! Ben quoi ?? Faut bien s’en remettre non ? Quoi de mieux pour ça, qu’un endroit où le soleil brille, les filles sont jolies, et où l’herbe (pas celle qui se fume, hein !) est verte ? Non, ce n’est pas moi qui en suis convaincu mais Guns N’ Roses sur le single Paradise City.
En 1987, les cinq Californiens fous furieux sortent un premier album intitulé Apetite For Destruction sur lequel s’enchaînent des morceaux extraordinaires et bruts de décoffrage comme Welcome To The Jungle, Nightrain, ou Paradise City, seul titre du disque avec des synthétiseurs. L’album se classe aussi sec en haut de nombreux charts à travers le monde, que ce soit en Nouvelle-Zélande, en Autriche, au Japon, ou encore en Finlande.
En France, où Jean-Luc Lahaye, Images, et Licence IV cartonnent, l’album atterrit tout de même à la septième place des meilleures ventes. Carton absolu pour le gang de Los Angeles, dont le chanteur Axl Rose n’hésite pas à foutre des coups de boule à ses fans lorsqu’ils lui demandent un autographe.
Paradise City, largement inspiré par Lost In The City, du groupe Finlandais déjanté Hanoï Rocks, lui-même inspiré de Satisfaction des Rolling Stones (Vous suivez, là ?), est finalement simple. Le morceau a été écrit pendant une tournée, à l’arrière d’un van où Slash, Duff Mc Kaggan, Izzy Stradlin, Axl Rose, et Steven Adler, étaient en train de picoler comme des brutes en improvisant.
Slash avait d’ailleurs trouvé le refrain «Where the girls are fat and and they’ve got big tities» («Où les filles sont grosses et ont des gros nibards»), mais les autres ont préféré la version édulcorée d’Axl Rose «Where the grass is green and the girls are pretty». Pas si rebelles que ça finalement, les Guns. La première version aurait davantage collé à leur image de bons musiciens, branleurs, castagneurs, alcoolos, et défoncés. Comme quoi…
En 1990, Happy Mondays sort son Pills N’ Thrills And Bellyaches, album codé pour les ravers dont le titre signifie littéralement Pilules, Peurs, et Maux de Ventre, une sorte de triptyque parfaitement connu de tous les défoncés à forte dose, dont les Happy Mondays font largement partie.
Les Mancuniens abusent même des substances, leurs producteurs étant parfois même forcés de les emmener dans des contrées lointaines pour enregistrer leurs albums afin d’éviter d’acheter de la came. Mais eux ont toujours réussi à s’en procurer. Comment ? Pourquoi ? À qui profite le crime ? Une enquête de Zone Interdite… Non, on s’égare.
Bref, sur Pills N’Thrills…, le groupe de Bez et des frères Ryder, Shaun et Paul, a la bonne idée de mélanger gros rock, pop, et house. Un mix qui provoque un déluge sonore sans nom et inédit pour leur label, Factory, plus habitué aux univers glaciaux de Joy Division ou de The Wake.
Contre toute attente, Happy Mondays cartonne grâce à Kinky Afro, reprise complètement barrée, sous exta, de Lady Marmalade de Patty Labelle. En regardant la vidéo, on se rend d’ailleurs compte que les gars sont plus que loin, ils sont carrément satellisés !
L’autre morceau marquant est Holiday. Moins connu que le précédent, celui-ci raconte les vacances idéales de Shaun Ryder. Autrement dit, le chanteur du groupe passe son temps à baiser et à se défoncer avec tout ce qui passe, pilules, coke, herbe… Une sorte de Galeries Lafayette de la défonce. Tout ça mis en musique sur un rythme soul, entouré de bruits de vagues et d’avions. Des vacances, comment dire… Originales !
En France, comment ne pas parler vacances sans évoquer La Ballade Du Mois D’Août 75. En 1981, CharlÉlie Couture sort Pochette Surprise, son troisième album. Au programme, dix morceaux, tous plus sublimes les uns que les autres. Les Anglais En Vacances, M’Enfermer Avec Toi, et cette ballade extraordinaire font partie des morceaux phares.
Le morceau a été écrit par l’artiste alors qu’il venait d’entrer aux Beaux-Arts de Nancy. Il revenait du festival folk de Cazals, dans le Lot où il avait rejoint une amie. Pour ne pas oublier ce moment, il avait écrit cette chanson très visuelle, à la description précise. Chaque vers est écrit comme une séquence de film. Une sorte de montage sublime et brut de décoffrage. Ces vacances imaginaires, qui semblent tellement réelles, on les passe avec lui, on les imagine…
Des vacances terribles dont on se repasse les images à chaque écoute. On sent les odeurs de café chaud, de lavande, et de pastis. Putain qu’on est bien… Ouais, mais on est mal aussi. La chanson est tellement jolie qu’elle arrive à faire déboucher les canaux lacrymaux. La Ballade Du Mois D’Août 75 n’est pas un morceau comme un autre, c’est une tranche de vie, c’est une nostalgie parfois rêvée, c’est un chef d’œuvre trop méconnu. C’est beau, simplement…
Hormis ceux qui télé-travaillent, beaucoup d’entre nous ont déjà eu un avant-goût des vacances à cause du confinement. Sauf que ces vacances de printemps, confinés, enfermés, n’ont pas été des plus agréables. Profitons donc de ces vrais moments de détente, que nous partions ou non, pour sortir, rêver, nous amuser. Tout ça en musique, évidemment ! Vos gueules les mouettes, place à la musique !
On aurait pu aussi parler du Sud de Nino Ferrer, des Vacances Au Bord De La Mer de Michel Jonasz, d’Aller Vers Le Soleil de Sébastien Tellier, de Duel Au Soleil d’Étienne Daho, de Voilà L’Été des Négresses Vertes, d’Holidays de Michel Polnareff, d’Holidays In The Sun des Sex Pistols, de Girls And Boys de Blur, d’Holiday In My Head de Smash Mouth, de Surfin’ USA des Beach Boys, et de plein d’autres morceaux…
Nous aurions pu aussi évoquer Est-Ce Que Tu Viens Pour Les Vacances ? de David Et Jonathan, Vacances, J’oublie Tout d’Élégance, Vive les Vacances de Gérard Lenorman, Vive Les Vacances de Dorothée, Holiday de Madonna, Holiday de Kool & The Gang, Bonehead’s Bank Holiday d’Oasis, le reprise de Dreadlock Holiday de Boney M, Seven Days To A Holiday de Cliff Richard & The Shadows, et plein d’autres. Oui mais… Il faut savoir s’abstenir, parfois.
Laurent Borde

