Le Rock’n’Râleur vous livre ses anecdotes que lui inspirent des célèbres Gimmicks Rock qui demeurent dans son cœur et dans son froc. Aujourd’hui, Feeling Alright de Joe Cocker !
Ce gimmick de Feeling Alright que chantait Joe Cocker me rappelle un épisode qui m’a désennuyé des boîtes de nuit. Et chaque fois que je l’entends, une magnifique paire de nichons traverse les phares de ma rétine. Je m’astique. Je m’explique.
Vers la quarantaine, j’avais remonté un groupe rock parce que j’avais envie de refaire mon intéressant sur scène à la guitare. On jouait dans les les clubs et les discothèques. Deux passages de trois/quarts d’heure. Et entre deux, je m’emmerdais au bar. Je me demandais où eux tous allaient chercher leur plaisir en discothèque.
Tu circules avec ton verre à bout de bras, tu vois pas vraiment les autres avec les lumières épileptiques, et si tu veux faire un compliment à une nana faut lui hurler dans l’oreille en gérant ton décollement de la plèvre. Pourtant, on jouait fort avec nos amplis cent watts Marshall. Quant à attendre un slow pour emballer, histoire de tuer le temps, autant attendre que François Hollande ressemble à Brad Pitt en fondu enchaîné.
Mais y’en a qui arrivaient quand même à lever des nanas. Je ne sais pas comment ils faisaient. Langue des signes ? Télépathie ? Ardoise avec inscrit : « Tu me rejoins aux WC hommes ? Tu me plais avec ton petit haut qui te moule bien et ta bouche de chaudasse. » ? Des chaudasses encore des chaudasses, toujours des chaudasses disait Danton. Un truc comme ça…
Et on en voyait qui consommaient debout au bar sur le chemin des chiottes justement, et qui étaient sans arrêt bousculés avec leur gin tonic aux lèvres. De quoi se péter les dents. Et ils payaient leurs consos.
À leur place, j’aurais dit au barman : « 30 euros ? Tu veux dire que tu me donnes 30 euros, toi ! Et va dire à ton patron que je suis gentil ce soir, je ne lui envoie pas mon ami Max la menace qui va passer tous les mois prendre sa commission. »
Mais revenons à nos nichons, je m’égare… Feeling Alright… Joe Cocker.
Après avoir fait un premier passage de trois quarts d’heure, pour ne pas s’emmerder en attendant notre deuxième passage, avec le bassiste on est allés prendre un verre dans un café à côté. Je ne me souviens plus quel bled c’était. Me faites pas chier avec les plans touristiques.
On reste au bar. Y’avait un écran de télé qui déroulait des tubes de la pop. C’était plus confortable que la discothèque vrombissante où on jouait. Reposant.
Y’avait une petite estrade au fond de la salle. Et à un moment donné, Feeling Alright avec la voix de Joe Cocker à pris possession des baffles et une jolie brunette à surgi seins nus sur l’estrade, les saccadant comme les Africaines pilant le mil. Sa poitrine était vraie, naturelle, pas traficotée silicone et généreuse de surcroît.
J’étais fasciné, sous le charme. Peut-être la frustration de n’avoir pas été élevé au sein… Mais là, j’étais en pleine séance de rattrapage. J’étais pas non plus ému aux larmes. Ému disons beaucoup plus bas. C’est fou comme dans ces moments-là on ne pense pas du tout tumeur maligne ou mélanome par exposition seins nus au soleil.
On a fini nos verres après la prestation et on est retournés dans la boîte pour notre deuxième passage.
Des années après, quand on m’invitait à sortir en boîte, bel oxymore sortir en boîte, je déclinais l’offre. Je ne voyais toujours pas où était l’orgasme.
En fait, j’ai toujours été un vieux con. Comme ça, ça se voit moins maintenant. Faut bien retrouver des avantages. À un moment donné on se retrouve raccord. L’avantage, c’est qu’à cette époque avec mon groupe les bagarres avaient le plus souvent un prétexte. Des histoires de nanas piquées à l’autre ou de viandes saoules qui ne voulaient pas casquer leurs consos. C’était pas le coup de surin gratuit à la sortie pour un regard ou un » laisse ma nana tranquille » .
Eh oui, je vais me retrouver avec l’étiquette du « c’était un peu moins moche avant » . Ça ne s’arrange pas.
Paraît même que je suis un anar de droite pour tout couronner. Mais je feel alright. Malgré tout.
Francis Basset
Lire le Gimmick Rock du Rock’n’Râleur, c’est bien.
L’écouter, c’est très bien aussi… En plus, il y a la guitare !

