Bonheurs d’Octobre avec Lennon et Nach

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Un mois d’octobre sans musique serait comme un mois d’octobre sans bar ouvert mais en pire. À défaut de pouvoir s’hydrater comme il se doit, on a heureusement du bon à écouter. C’est toujours ça de pris à ces temps qui mordent. 

Ah,  l’Automne ! Les feuilles qui tombent, les cheveux qui se décoiffent, du moins pour ceux qui en ont encore, les masques qui fleurissent, les jours qui raccourcissent, la pluie jamais trop loin et les concerts qui n’existent quasiment plus…

Comme tout va trop bien, Yoko Ono et son banquier se sont dit qu’il était bon de ressortir une compilation de John Lennon. Faut dire que l’ex-Beatles légendaire aurait eu 80 piges le 9 octobre, si Mark Chapman n’avait pas décidé de le buter le 8 décembre 1980 devant l’entrée du Dakota Building, l’immeuble où il résidait à New-York.

Les derniers mots de Lennon auraient simplement été : «Je me suis fait flinguer ! Je me suis fait flinguer!» Tandis que Chapman aurait ensuite posé son revolver, retiré tranquillement son chapeau et son manteau, exhibant ainsi un tee-shirt de l’album Hermit Of Mink Hollow de Todd Rungren, tout en attendant la police.

Ensuite, il s’est mis à lire L’Attrape-Cœurs de Salinger, livre qui l’aurait inspiré pour commettre son crime. Et puis, Mark Chapman s’est laissé passer les menottes et embarquer par les flics, sans aucune résistance. Il croupit aujourd’hui au centre correctionnel d’Attica, une des plus célèbres prisons américaines situées dans l’État de New-York, sur lequel John Lennon avait écrit Attica State, morceau figurant sur Some Time In New York City, son troisième album solo sorti en 1972.

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Aucun titre de cet album ne figure sur cette compil’ intitulée Gimme Some Truth (Ultimate Mix), si on excepte Cold Turkey, présent sur le disque live. En revanche, on retrouve tous les chefs-d’œuvre de Lennon, d’How Do You Sleep ?, chanson avec laquelle il règle ses comptes violemment avec Paul Mc Cartney et sur laquelle George Harrison joue, à Gimme Somme Truth qui a inspiré bon nombre d’artistes comme The Motors dont la mélodie du tube Airport, sorti en 1978, semble avoir été fortement influencée par ce titre.

Il y a évidemment Instant Karma !, Working Class Hero, Power To The People, ainsi que des morceaux un peu moins connus du grand public comme #9 Dream. Tout a été coordonné par Yoko Ono qui ne s’est d’ailleurs pas privée de faire également figurer Oh Yoko!, morceau à sa gloire sur lequel Lennon joue de l’harmonica pour la première fois sur un de ses albums solo. Il y a aussi les chansons incontournables, les titres fabuleux que sont Jealous Guy, Give Peace A Chance, Happy X Mas (War is Over), ou encore l’inévitable hymne à la paix qu’est Imagine.

En 2010, Yoko Ono avait déjà publié une compilation intitulée Gimme Some Truth avec 72 morceaux sur quatre CD. Cette fois, c’est un coffret de 36 titres, produits par Sean Ono Lennon et accompagnés d’un blu-ray et d’un livret de 124 pages. Seules différences avec la compilation homonyme sortie il y a dix ans, les mixages ainsi qu’Angela, I Know (I Know), Angel Baby, Dear Yoko, Every Man Has A Woman Who loves Him, et une version live de Come Together, six titres qui ne figuraient pas au générique en 2010.

À part ça ? Rien de neuf sous le soleil ! Même si c’est toujours plus que bon d’écouter John Lennon et ses messages de tolérance et de paix. Surtout par ces temps troublés où des abrutis décapitent un enseignant coupable d’avoir été intelligent. Mais cet album, soyons clairs, n’est pas essentiel. Sauf peut-être pour les collectionneurs des Beatles et de Lennon. Et pour le compte en banque de Yoko, évidemment.

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Si vous préférez la chanson française, il y a l’album de Nach. Anna Chédid de son vrai nom (Oui oui, la sœur de et la fille de) publie un album sobrement intitulé Piano-Voix, enregistré en une seule prise les 5 et 6 février 2020. Non seulement la dame ne cherche pas à copier sa talentueuse famille, mais en plus elle est émouvante.

Il suffit juste d’écouter Ce Qu’Ils Deviennent, le premier des douze titres du disque pour comprendre que c’est du bon qui nous attend. Une voix extraordinairement claire et pure, jouant avec les émotions. Un jeu de piano à la fois simple et terriblement efficace. Des mots avec lesquels elle joue, parfois tristes comme pour Allo, ou tendres avec Dans Les Yeux De Ma Mère (rien à voir avec le titre d’Arno) ou encore avec Joe, chanson dédiée à son frère Joseph.

Il y a aussi cette reprise de La Nuit Je Mens du génial Alain Bashung. La version de Nach redonne une seconde vie à ce véritable chef-d’œuvre. C’est beau et on ne s’en lasse pas. On se demande même si ce n’est pas cette reprise qui a inspiré l’artiste pour composer son sublime Interlude.

Pour ce troisième album solo, Nach frappe très fort même si huit morceaux sont issus de ses précédents albums. On la connaissait déjà avec ses deux premiers disques et ses différents travaux avec sa famille, mais là… Elle ne confirme pas, elle décuple son talent. Et nous, on adore! 

Laurent Borde

John Lennon : Gimme Some Truth (Ultimate Mixes) / Capitol Records 

Nach : Piano-Voix / Polydor

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