Le Gimmick Rock du Rock’n’Râleur : « You »

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Le Rock’n’Râleur vous livre ses anecdotes que lui inspirent des célèbres Gimmicks Rock qui demeurent dans son cœur et dans son froc. Aujourd’hui, You de George Harrison.

 

Ce gimmick de You de George Harrison, après les Beatles, me ramène à un épisode pas très gai. Un pote, auteur-compositeur et copain de lycéen  m’avait prêté le 45 tours en ayant inscrit son nom sur la pochette pour qu’on lui rende. Et je ne lui ai jamais rendu. Et il est mort. En baisant. À 36 ans. Comme Felix Faure. Mais lui, plus vieux.

Anecdote. Quand sa maîtresse, un peu péripat’ sur les bords, a vu qu’il partait pour l’éternité, elle a appelé la camériste, qui a appelé le médecin de Félix. Lequel médecin a demandé à la camériste :

– Monsieur a-t-il encore sa connaissance ?

-Non, elle est sortie par la porte de derrière.

Toujours est-il qu’à partir du décès de mon pote, j’ai fait une fixation sur mon coeur. Je me suis dit : « Tiens, je vais prendre ça comme maladie. C’est propre. »

Je fais partie de ceux qui, quand ils rendent visite à un grand malade à l’hosto ne se disent pas : « C’est triste pour lui, mais moi en tout cas je suis en bonne santé. »

Non, je me mets à sa place. Et je commence à bosser ses symptômes. À les intégrer.

Bref, depuis la mort de mon pote, mon coeur est devenu mon organe cible, comme disent les spécialistes. J’avais rien mais je faisais tous les cardiologues de mon arrondissement. Y’en a même un qui m’a demandé de le laisser tranquille. Il m’avait posé des holters, j’avais pédalé comme un dératé dans des épreuves d’effort, j’avais rien. Mais je l’ai appelé un soir tard. Il avait fait l’erreur de me donner son numéro de portable.

Qu’est- ce qu’il vous arrive encore ? Il m’ a dit.

Ben voilà. Avant de monter les 3 étages chez moi, je battais à 72 pulsations. Et apres avoir monté en courant, je suis passé à 90.

C’est normal. Il m’ a dit.

Peut-être, mais j’aimerais rester autour de 75.

Écoutez mon vieux, je ne peux plus rien faire pour vous. Faut aller voir un psy. Vous avez fait tous les examens, tout est normal.

Bon. Ce qu’il y a de con avec le coeur, c’est que s’il lâche on n’a pas le temps de régler les affaires courantes. Avec une tuberculose des os ou une pancréatite, t’as le temps de voir venir. Là, non.

Alors mes angoisses de l’enfance ont rappliqué. Ma mère voulait que je change tout le temps de chaussettes. « Si jamais t’as une crise cardiaque, on va voir que t’as une patate au gros orteil ! » … Pourquoi j’aurais eu un infar à onze ans ?

Le problème, c’était en faisant l’amour. Pas la guerre. Je suis imprégné des slogans soixante-huitards à la con. Comme « Il est interdit d’interdire » . Je pensais à mon pote mort à l’établi et je prenais mon pouls, mine de rien, en plein rush sexuel. J’étais concentré sur la raideur cadavérique au lieu de me fixer sur la bonne raideur. La seule, la vraie, qui force le respect et qui fait oublier les soldes à la partenaire et qu’elle n’est qu’une desperate housewife.

Mais avec cette histoire de coeur, combien de fois je me suis retrouvé aux urgences dans un état… stationnaire.

Francis Basset

Lire le Gimmick Rock du Rock’n’Râleur, c’est bien.

L’écouter, c’est très bien aussi… En plus, il y a la guitare !

 

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