Chansons Utiles, Chansons de Paix

Chansons Utiles, Chansons de Paix-Instant Karma!-ParisBazaar-Borde

Alors qu’aux États-Unis l’arbitraire et l’impunité de certains font la colère de tous, il n’est pas inutile de se souvenir que la musique, elle aussi, a su sortir de ses sillons pour s’ériger contre le racisme.

Au moment où la mort de George Floyd nous rappelle que des salopards sont capables de tuer un homme uniquement à cause de la couleur de sa peau, il est bon de se rappeler que le racisme sévit toujours, partout sur la planète.

Que ce soit en Inde, où les ultranationalistes hindous s’en prennent gratuitement aux musulmans, en Afrique du Sud où des Afrikaners prônent encore l’apartheid jusque dans certains établissements scolaires, ou en Pologne, où le gouvernement était capable de défiler aux côtés de nazillons de la pire espèce en 2018, rien ne semble changer.  En France, la situation n’est pas jolie non plus. En 2019, 1142 actes à caractères racistes et xénophobes ont été recensés alors qu’il n’y en avait «seulement» que 496 un an plus tôt.

Cris de protestation, de contestation, de nombreuses chansons se sont opposées à ces mouvements sordides. Parmi elles, Un Jour En France, de Noir Désir. Paru en 1996 sur 666.667 Club, le morceau présente la France des années 90, évoquant notamment le fascisme et la xénophobie, s’opposant violemment au Front National de l’époque en hurlant «F.N souffrance», un cri de colère tellement bien écrit. Cette sorte d’hymne anti-raciste présente notre pays sous des jours que nous aimerions tant ne pas revivre. Et pourtant, le passé fait plus que jamais partie du présent.

Autre morceau synonyme d’égalité et de fraternité, Instant Karma! (We All Shine On). Véritable cri du coeur de John Lennon, en pleine campagne pour la paix dans le monde, le morceau est enregistré à Abbey Road en janvier 1970 alors que l’encre du stylo n’a pas encore séché  sur le papier blanc. Il sort moins d’un mois plus tard et cartonne dans les charts de nombreux pays où il est en compétition avec Let It Be, un des plus célèbres morceaux des Beatles.

Instant Karma! deviendra par la suite le premier titre d’un membre des Beatles en solo à dépasser le million de disques vendus, même si le guitariste et le pianiste du morceau ne sont autres que George Harrison et Billy Preston, connu comme le cinquième Beatles pour sa participation sur l’album Let It Be, principalement sur Get Back. Klaus Voorman, autre ami des Beatles, qui dessina la pochette de l’album Revolver, tient basse et claviers sur le morceau. Malcolm Evans, ancien tourneur et ami des Beatles, joue aussi du piano et du carillon.

Plus qu’un morceau d’artistes, Instant Karma! est un morceau fait par et pour des copains. Il est, par la suite, devenu quasiment universel. À tel point que quelques mots du refrain de cet hymne pacifiste (We All Shine On), iront même jusqu’à inspirer Stephen King pour le titre de son troisième roman sorti en 1977, The Shining, dont le titre originel devait être The Shine. Un livre fabuleux et flippant, aux antipodes du pacifisme, de la joie, de la gaieté et de la bienveillance. Par la suite divers artistes comme U2, Toad The Wet Sprocket, Paul Weller, ou Duran Duran reprendront Instant Karma ! (We All Shine On).

Pour lutter en musique contre le racisme, on ne peut évidemment oublier China Girl. Co-écrit par Iggy Pop et David Bowie dans les années 70, le morceau fut publié une première fois sur The Idiot, album de l’Iguane sorti en 1977. Il connut un véritable succès lorsque Bowie l’interpréta en 1983 sur l’album Let’s Dance. Nile Rodgers, producteur de renom, tête pensante de Chic avant de jouer avec les représentants casqués de chez Bontempi nommés Daft Punk, n’avait rien compris.

En produisant le titre, il était persuadé d’y avoir vu une référence à la came, China White étant le surnom donné à l’héroïne dans certains quartiers de New York, Girl étant celui de la cocaïne. Autrement dit, ce ne serait qu’une sombre histoire de speedball déguisée sous une chansonnette guillerette. Oui mais non…  Le morceau avait été inspiré par la passion que vivait alors Iggy Pop avec une femme vietnamienne. Rien de plus, rien de moins !

Un morceau très direct et très simple contre le racisme selon le Thin White Duke, lui-même, à l’époque, accusé de racisme suite au clip de Let’s Dance, tourné en Australie, mettant en scène deux jeunes comédiens Aborigènes. Accusation ridicule balayée d’un revers de main par Bowie, partageant la vedette sur le clip avec Geeling Ng, une jeune mannequin néo zélandaise.

La même année, Bowie est aussi à l’affiche de Furio. Connu également sous le titre Merry Christmas Mr. Lawrence, Le sublime long-métrage anglo-japonais et néo-zélandais démontre l’absurdité d’une guerre et prône aussi l’amitié entre les peuples. Là encore, une bonne façon pour la star anglaise d’envoyer se faire foutre les idiots qui l’accusaient de racisme colonial. Un bras d’honneur, peut-être, mais classieux!

L’affaire George Floyd n’est pas un déclencheur du racisme existant dans la société actuelle. Elle n’en est que la mise en abyme. De tous temps, la plupart des artistes se sont mobilisés pour la fraternité et contre la haine. À l’exception de légendes comme Maurice Chevalier qui, pendant la deuxième guerre mondiale, s’affichait comme pétainiste et alla jusqu’à se produire en Allemagne, tout en cachant des juifs dans sa maison. Un comportement pour le moins paradoxal.

Plus récemment, Morrissey défraya la chronique. En mai 2019, l’ex-chanteur des Smiths a répondu à une interview à la télé américaine en portant un badge pour «For Britain». Un parti d’extrême droite fondé en 2017 au Royaume-Uni par une militante ouvertement anti-islam. Un mois plus tard, lors d’une autre interview, il affirmait calmement qu’«au fond, tout le monde préfère sa propre race...» En 2018, celui que l’on surnomme Moz avait également déclaré à propos de son engagement pour le parti d’extrême droite: «Je ne pense pas que le mot «raciste» ait encore du sens». Comme le chantait si bien Brassens : «Quand on est con, on est con»…

Nous aurions pu évoquer Noir Et Blanc de Bernard Lavilliers, People Are People de Depeche Mode, War de Bob Marley, Hurricane de Bob Dylan, C’est Déjà Ça d’Alain Souchon, English Civil War de The Clash, Fight The Power de Public Enemy, Killing In The Name de Rage Against The Machine, Original Sin d’INXS, Gimme Hope Jo’anna d’Eddy Grant, Born In The USA de Bruce Springsteen, et tant d’autres…

En revanche, nous n’avons pas cité Michel Sardou, Kid Rock, Jess Hugues (chanteur «border line» des tristement célèbres Eagles Of Death Metal), Ted Nugent, et bien d’autres… Mention spéciale à Claude Barzotti avec La France Est Aux Français dont nous vous laissons trouver les ignobles paroles. Attention, elles tâchent.    

Laurent Borde

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