Covered in Blood, une anthologie d’Arch Enemy : le Metal dans tous ses états !

ARCH ENEMY - Paris Bazaar

Au menu de ce vendredi, Covered in Blood. Un concentré de guitares, de cris et de violence brute de décoffrage. Un peu de Metal, quoi ! 

Y a pas à dire, les Suédois ils ont tout de même de la chance. Ben si,  ils ont de beaux lacs, des aurores boréales, de la bonne vodka, de la bonne musique notamment avec Abba… ah non pas eux, ça me donne des maux de cœur. Côté musique, c’est tout de même plus intéressant lorsque quelques guitares saturées s’invitent dans le débat et que la batterie est aussi légère qu’un gros Popeye plongeant dans une piscine pour enfants. C’est un peu le cas d’Arch Enemy.

Ce groupe de Death Metal mélodique est devenu une valeur sûre du genre au fil des années. Avec cette compilation, sûrement réalisée pour nous faire patienter jusqu’à la sortie du prochain album, les Suédois passent à la moulinette leurs principales influences. Et là, ils ont joué la facilité puisqu’il n’y a quasiment pas d’inédits. Les trois quarts des morceaux sont déjà tous sortis sur des opus antérieurs. Mais il est tout de même bon d’écouter la version de Shadow On The Wall, morceau pop de Mike Oldfield remanié version sombre et agressive. Il y a aussi The Oath, morceau de Kiss réinterprété version attaque de cavalerie durant la Guerre de Sécession. Et puis The Zoo de Scorpions, avec une voix « légèrement » plus agressive.

Avec cet album, on passe en revue une partie de l’histoire du Metal, au sens large du terme. Il y a des reprises de Megadeth, Queensrÿche, Manowar, Iron Maiden, Judas Priest (avec qui les Suédois ont écumé les festivals l’an dernier), et même plusieurs morceaux signés… Europe ! Solidarité suédoise oblige sans doute. Et non, il n’y a pas The Final Countdown. Et c’est franchement tant mieux ! Rien de plus insupportable. À part n’importe quel morceau du pseudo groupe de Metal français Pleymo… arrgh, je sens que je m’énerve.

Pour expliquer encore ses influences, Arch Enemy reprend aussi du punk. Des morceaux de groupes comme GBH  ou Discharge. Sept morceaux de punk, très courts et efficaces. Alissa White-Gluz, chanteuse canadienne du groupe, a même poussé la chansonnette en suédois sur Nitad, titre d’un groupe suédois nommé Moderat Likvidation (Non ce n’est pas le nom d’un meuble Ikea). En vingt-quatre morceaux, on parcourt la carrière du groupe. Trois chanteurs se sont succédés : Johan Liiva, Angela Gossow (devenue manageuse du groupe) et l’excellente Alissa White-Gluz au chant gutural extraordinaire.

S’il ne fallait retenir qu’une reprise de cet album, ce serait sans hésiter celle de Shout, originellement créée et interprétée par Tears For Fears. Cette chanson guillerette et légère, Arch Enemy la transforme en un morceau inquiétant, sombre, terriblement angoissant mais aussi très violent. On se demande comment la voix d’Alissa White-Gluz, petit bout de nana d’1m63 à la chevelure bleue, peut dégager une telle puissance. Cette version pourrait même être la BO d’un film d’horreur tant elle est remodelée et réussie.

Si vous avez les oreilles solides et que vous souhaitez découvrir des « métalleux »  qui sont dans le peloton de tête du genre actuellement, allez-y les yeux fermés. Si vous n’aimez pas le Metal, que vous ne voulez surtout pas écouter, il vous reste Vianney. Mais là, c’est tant pis pour vous !       

Laurent Borde

Arch Enemy, Covered In Blood, Century Media 

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