Dans l’Isba de Boris : « C’est toi, Patrick ? »

Londonien et Parisien, il est auteur, acteur et parolier. Il est l’homme aux mille chansons. Il s’appelle Boris Bergman. Et souvent, il se souvient… Aujourd’hui, de Patrick Juvet.

Encore une photo à accrocher aux murs des toilettes de l’Isba, qui comme la tranchée a besoin d’être repeinte…

« Ça tombe bien, » m’a dit le mur, « j’ai encore une petite place entre Francis Lai et Guy Pellaert… » Il est difficile de parler aux murs quand les murs vous parlent. Ce sont eux qui décident.

Le mur de gauche n’a pas été surpris quand j’ai épinglé le portrait du grand petit prince. J’ai essayé de lui dire qui il était : un prix de Conservatoire perdu, et gagné au raz de marée disco où le gourmand prodige a pu vivre à plein temps son rêve de gosse.

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Je l’ai rencontré, jadis, dans le bureau d’un éditeur de musique: Max Amphoux. Nous avons fait quelques chansons ensemble. Je ne sais toujours pas si celle qui me semble la plus belle fut vinylisée. Je me rappelle qu’il l’a chantée sur scène. Elle s’appelait Ma Garbo d’Outre-Tombe… Tout un programme.

C’était le temps des simples promotionnels et le chanteur cherchait une face B pour un titre décidé de longue date. Only Women Bleed d’Alice Cooper fut choisi, et mon Stylo Schaeffer décida que la VF s’appellerait J’ai Peur de la Nuit.

Dans l'Isba de Boris-Patrick Juvet-Cover-Vinyle-ParisBazaar-Bergman

Quelques nuits blanches plus tard, la grande Dalida nous a demandé de lui écrire une chanson. Chanson qui finit par s’endormir à la 13é plage du 30 cm de la Diva.Le compositeur-chanteur, déçu, me suggéra d’en faire une version différente qu’il irait enregistrer le soir même. La différente s’appelle encore Sonia.

Arca, le chanteur du groupe Newton, pense qu’il s’en est fallu de peu pour que Patrick Juvet devienne avec ce titre l’un des princes du Glam Rock. Quand les sirènes donnent de la voix, qui peut leur résister ? Surtout lorsqu’elles lui sifflent I Love America dans les feuilles.

La gentillesse n’est pas un défaut. Je dirais même quelle donne à celui qui pratique ce sport dangereux un talent unique. Il y aura toujours un méchant pour lui brûler sa peau cellophane, mais celui-là se consumera dans la solitude des méchants. Amen.

Dans l'Isba de Boris-Juvet-Jeune-ParisBazaar-Bergman

Le soleil disparait. C’est l’heure du thé a la mélancolie. Encore une belle personne qui s’est fait la valise…

J’ai eu souvent des nouvelles de toi, Patrick Juvet.

Je t’ai suivi de loin…

Je te suis encore.

Bizz,

Boris Bergman

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