Quand le Bonheur s’écrit avec un J, comme Jonasz !

Quand le Bonheur s'écrit avec un J comme Jonasz-Ouv-ParisBazaar-Borde

Depuis le temps que son vague à l’âme remue la nôtre, c’est toujours avec bonheur que nous retrouvons Michel Jonasz. Son dernier album ressort enrichi aux extraits naturels de live. Un baume au coeur.

On pensait que 2021 ne pouvait pas être pire que 2020. Pour l’instant, on a tout faux ! Pas encore reconfinés mais tout de même « couvre-feuisés » chaque soir à partir de 18h. Et l’espoir de retrouver une vie « normale » avec ses concerts, ses bars, ses restaurants, sa vie nocturne qui s’amenuise de jour en jour.

Tout semble s’envoler si loin. Un peu comme un boomerang qui ne reviendrait pas et qu’on chercherait partout. Pour se réconforter, il reste les valeurs sûres. Michel Jonasz en fait partie.

Avec la réédition de son album La Méouge, le Rhône, la Durance, agrémenté de trois morceaux live, dont Je Suis Venu Te Dire Que Je T’Attends, inédit dans cette version, enregistrés lors du seul concert donné par Jonasz en septembre 2020 à l’Escale, dans la petite ville de Veauche dans la Loire, et de deux autres morceaux version « confinement ». Il y a aussi La Photo Effacée en version démo, Michel Jonasz est au piano et Caroline Liborio, co-auteure de la chanson, est au chant. 

Pour le reste, on réécoute cet album ressorti avec bonheur le 15 janvier. On se dit que c’est décidément bien une voix au naturel. Celle de Jonasz, évidemment, on la connaît depuis des années et on l’apprécie, mais celle de Zaho, en revanche, est plus surprenante.

Elle nous avait tant habitué à trafiquer sa voix avec de l’Auto-Tune qu’on ne savait même pas qu’elle pouvait aussi brillamment chanter comme sur Sombre Est la Nuit. Sa voix mélangée à la rythmique funk soul ainsi qu’à la musique orientale est juste sublime. La chanson est presque trop courte tant elle nous fait voyager, tant elle est simplement belle. 

À l’écoute de La Méouge, Le Rhône, La Durance, d’Océan, ou de La Planète Bleue, morceaux que l’on pourrait qualifier d’ «écolos», on en vient à se dire que cet album pourrait être une sorte de suite d’Unis Vers L’Uni sorti en 1985.

Évidemment, il y a aussi des morceaux terriblement tristes et mélancoliques, habituels chez Jonasz , comme On Etait Bien Tous Les Deux, ou La Maison De Retraite, terrible constat sur la vieillesse, la dépendance et reflet d’une peur bien compréhensible, celle de la mort. Ce morceau très fort est nommé aux prochaines Victoires de la Musique dans la catégorie « Chanson de l’Année » , et ce n’est que justice.

Il y a aussi le titre Baby C’est La Crise, terriblement d’actualité et pourtant écrit avant la pandémie. Quant à La Photo Effacée, aux arrangements très sobres, elle n’est à écouter que si vous avez passé une bonne journée, que vous avez appris une bonne nouvelle, ou si vous avez pris des vitamines. En cas de dépression ou de mauvaise humeur, la maison ne répond plus de rien tant ce morceau, réaliste et sublime, est aussi d’une noirceur abyssale. Dans ce cas-là, il vaudra mieux écouter Le Bonheur Frappe À Ma Porte, gage de joie et d’exaltation.    

Pour ce dix-septième album studio, Michel Jonasz a fait appel à ses vieux copains qui ne sont autres que l’inégalable Manu Katché, l’un des meilleurs, sinon le meilleur batteur au monde, et Jean-Yves D’Angelo, légendaire pianiste français.

D’autres musiciens comme le guitariste Hervé Brault, le bassiste et contrebassiste Jérôme Regard, ou encore l’harmoniciste Greg Zlap, qui a officié avec Johnny et Monsieur Eddy, sont aussi de la partie.

Placé sous de tels auspices, cet album ne pouvait être que d’une très haute qualité musicale. Pour s’en rendre compte, il suffit simplement d’écouter Traverser La Mer À La Nage, morceau extraordinairement riche. L’impressionnant jeu de batterie, le solo d’harmonica, la perfection de la basse, la précision de l’arrangement des cuivres et la qualité du piano tutoient des sommets. Une véritable claque ! 

Personne ne doutait ni de son savoir-faire ni de son talent, mais à 74 ans, Michel Jonasz redouble de vitalité et de créativité. Un grand bonheur ! 

Michel Jonasz :  La Méouge, Le Rhône, La Durance / Michel Jonasz Musique

 

Soul-Piano-ParisBazaar-Borde

Si on a encore du temps, et on n’en manque pas, on peut écouter la B.O. de Soul, le long-métrage signé Disney sorti à Noël.

Évidemment, il serait facile de critiquer cet album sans l’écouter en disant que c’est la World Company qui le produit et que ça n’a donc aucun intérêt. Ce serait tellement facile et tellement dans l’air du temps. Oui mais non. Pas le genre de la maison.

On a bossé avec toute la neutralité qui s’impose. Résultat, pas besoin de voir le dessin animé pour écouter la B.O qui alterne entre des morceaux jazz ou bossa composés par Jon Batiste et des morceaux indus écrits et composé par Trent Reznor et Atticus Ross. Contre toute attente, les deux compositeurs se sont même essayé au jazz avec le surprenant Pursuit/Terry’s World.

Au total, quarante-deux morceaux, souvent très courts, composent cette bande originale sur laquelle figure aussi deux chansons, Parting Ways, composée pour l’occasion par Cody ChesnuTT, et It’s All Right, interprétée en duo par la chanteuse britannique Celeste et Jon Batiste.

Pendant un peu plus d’une heure, on écoute une musique qui, au final, est brillante, surprenante, parfois planante, parfois glaçante, mais tout de même assez envoûtante. Pour ce dernier succès diffusé sur les plateformes, Disney a fait le bon choix en mélangeant deux styles que tout oppose et pourtant terriblement complémentaires.

Cette B.O est plus qu’une simple illustration de film. C’est un album à part entière, terriblement efficace et simplement beau. Cette musique fait du bien et c’est exactement ce dont nous avons besoin en ce moment.

Laurent Borde

Soul (Original Motion Picture Soundtrack) / Walt Disney Records       

     

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