Quand la Musique abreuve tous nos Sillons

Quand la Musique abreuve tous nos Sillons-Bashung-Ouv-ParisBazaar-Borde

La musique ne s’écoute pas seulement. Elle se regarde, se lit. Et puisqu’avec nous elle se partage surtout, nos bonnes pistes et nos morceaux choisis.

Le confinement commence à se faire franchement ressentir. Certes, pour nous évader dans des contrées lointaines, il y a de nombreux films à voir. Pour les long-métrages consacrés à la musique, Bohemian Rhapsody, le film de Bryan Singer sur Queen ou encore Walk The Line sur Johnny Cash avec l’excellent Joaquin Phoenix sont des chefs-d’œuvre du genre. Qu’on aime ou pas ces artistes, on y apprend toujours de nombreuses choses sur leur vie, d’où, logiquement, descend la création d’un titre, d’un album.

Il y a aussi de nombreux livres portant plus ou moins sur la musique. Ainsi, Charles Manson Par Lui-Même évoque non seulement la vie mouvementée de ce grand malade, mais aussi sa passion pour la musique, sa carrière de musicien raté, et ses relations avec Dennis Wilson, auteur-batteur compositeur des Beach Boys.

Manson a d’ailleurs écrit Never Learn Not To Love, sorti en face B de Bluebirds Over The Mountain en 1968. D’abord baptisée Cease To Exist, la chanson écrite par le chef de la Manson Family a été retravaillée par Dennis Wilson qui s’en est totalement approprié les droits, sans même citer Manson. Il suffit d’ailleurs d’écouter les deux versions pour comprendre combien ces morceaux se ressemblent. Autre ami de Manson, Neil Young qui avait parlé du «pas encore gourou» à sa maison de disques. Neil Young n’en reste pas moins un énorme Artiste et Manson un énorme taré…

Quand la Musique abreuve tous nos Sillons-Cure-ParisBazaar-Borde

Autre livre intéressant, Cured – Two Imaginary Boys. Signé par Lol Tolhurst, le bouquin raconte l’histoire de The Cure. Faut dire que le gars sait de quoi il parle puisqu’il est le co-créateur du groupe. Une histoire qui se lit comme un roman et qui permet d’en apprendre beaucoup sur le mystérieux Robert Smith et sur le groupe de Crawley. Pour la première fois, Tolhurst dévoile ce qui s’est passé lors de son éviction surprise de Cure en 1989. Ces livres ne se lisent pas, ils se dévorent et permettent d’en apprendre beaucoup, non seulement sur la musique mais aussi sur les mœurs de deux époques totalement différentes.

«Bon très bien, mais sinonmusicalement ?» me demanderez-vous d’un oeil suspicieux et franchement plus taquin qu’il n’y paraît… «Deux secondes, impatients que vous êtes ! J’allais y venir» vous répondrais-je avec un sourire sympathique et narquois… En ces temps où nous avons besoin de réconfort, pourquoi ne pas se faire du bien avec Bowie. Parlophone a eu la sublime idée de sortir ChangesnowBowie.

Quand la Musique abreuve tous nos Sillons-Bowie-Cover-ParisBazaar-Borde

Initialement prévu pour le Disquaire Day, événement lui-même reporté au mois de juin pour cause de saloperie de fumier de virus, l’album comprend neuf titres. Pas de titre inédit, évidemment, mais des versions sublimes enregistrées à New York fin 96 et diffusées par la BBC en 1997 pour fêter le cinquantième anniversaire du Thin White Duke.

Cette session, quasi acoustique, comporte quelques-uns des titres préférés de Bowie. La sublime version de Quicksand vaut le détour. Le duo formé sur Aladdin Sane avec Gail Ann Dorsey, indéfectible bassiste de Bowie de 1995 2013, est à la fois sensuel et brillant. Quant à The Man Who Sold The World… La chanson que s’était appropriée Nirvana lors de son Unplugged n’est jamais aussi belle que lorsqu’elle est interprétée par son chanteur originel. Des titres mythiques comme Shopping For Girls ou Andy Warhol figurent également sur cet album, pour l’instant uniquement disponible en téléchargement.

Mis à part ce bonheur, pourquoi ne pas s’en faire un autre avec Bashung et l’album Passé Le Rio Grande. À cette époque, en 1986, la carrière de Bashung n’est pas flamboyante. Il s’est planté avec ses deux albums précédents : Play Blessures, sur lequel il a bossé avec Gainsbourg, et Figure Imposée, écrit quasiment entièrement par son guitariste Pascal Jacquemin, où on retrouve notamment What’s In A Bird. Heureusement, S.O.S. Amor lui permet de remontrer la pente si difficile du succès. Il décide alors d’assurer. Séparé professionnellement de Bergman depuis quelques années, il décide de renouer avec son parolier fétiche pour Passé Le Rio Grande.

Quand la Musique abreuve tous nos Sillons-Passé le Rio Grande-Cover-ParisBazaar-Borde

Bien trop méconnu, cet opus recèle de pépites comme Camping Jazz, ses paroles folles, et sa musique synthé année 80, ou Milady, là encore les paroles sont parties vers un autre univers. Elles sont toutes signées Boris Bergman. Comme si l’auteur et l’interprète, lors d’un voyage intergalactique, avaient rencontré Saturne, mais étaient restés collés à l’anneau.

Là où on atteint le summum de la folie, c’est peut-être avec L’Arrivée Du Tour. Ça part dans tous les sens, ça parle (forcément) de cul avec un second degré complètement déjanté, tout ça enroulé par une guitare rock omniprésente. Et comme disait l’autre : «Touche moi le pompon, t’auras une rime en ez».

Même principe avec Malédiction. Une sorte d’hommage à Emmanuelle. Pas Emmanuelle Béart, ni Emmanuelle Seigner, mais celle du film de Just Jaeckin, incarnée par Sylvia Kristel, qui défraya la chronique lors de sa sortie en salle en 1974.

Tout est bon dans cet album, y compris la couverture signée Bob Deum, un excellent dessinateur français qui a notamment oeuvré avec le grand Jean-Pierre Dionnet à la fin des années 80 et au début des années 90. En 1986, Bashung décroche la Victoire de l’album rock de l’année aux Victoires de la musique grâce à Passé Le Rio Grande. À cette époque, le rock existait encore en France. Alain Bashung en était un des plus dignes représentants. Aujourd’hui, les meilleurs rockers français sont… Tiens, si on reprenait un verre !  

Les livres et films cités ne sont, évidemment, qu’une très short list de tout ce qui existe et est disponible en livres (imprimés et ebooks), en streaming audio et vidéo, en V.OD ur les plateformes comme Netflix, Amazon, et partout ailleurs.

Cherchez, chinez, le Monde recèle de pépites et n’oubliez pas de vous faire plaisir… l’époque est assez mordante pour ne pas laisser l’occasion d’un petit bonheur !

Laurent Borde

Charles Manson Par Lui-Même / Éditions Séguier

Cured – Two Imaginary Boys de Lol Tolhurst / Éditions Le  Mot Et Le Reste

David Bowie : ChangesnowBowie / Parlophone: disponible pour le moment en téléchargement et sur les plateformes diverses et variées (Amazon, Spotify, Deezer…). Disponible en vinyle à tirage limité pour le Disquaire Day, le 20 juin 2020.

Alain Bashung: Passé Le Rio Grande / Barclay

Et parce que Paris Bazaar vous aime… 

Alain Bashung : L’Arrivée Du Tour

 

David Bowie : Repetition ’97

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

VOUS AIMEZ ? REJOIGNEZ-NOUS ET ABONNEZ-VOUS !

DÉCOUVREZ MAINTENANT